March Madness : ne jamais dire jamais | Éric Vallières

Historiquement, les matchs de première ronde du March Madness sont toujours les plus excitants. On a droit à une grande variété : des parties chaudement disputées, des affrontements dont les résultats sont décidés en périodes supplémentaires et des lancers désespérés réussis en fin de match pour remporter la victoire. Les surprises sont nombreuses et les partisans ne sont jamais repus d’un tel spectacle.

Le soir du 16 mars, dans un affrontement de la South region, l’équipe classée au 16e rang – l’Université du Maryland, Baltimore County – a vaincu, contre toute attente, l’équipe numéro 1 du classement, Virginia.

Si on ne peut rien prévoir dans la vie, cet état de fait prend toute son ampleur dans le tournoi du Mach Madness. Si ce tournoi complètement imprévisible nous apprend cruellement à ne jamais dire jamais, jusqu’à vendredi dernier, cette expression devait être prise avec mesure. Plus maintenant. Jamais auparavant une équipe classée au 16e rang n’avait vaincu un équipe en tête du palmarès du March Madness. Jamais.

Essayons maintenant de comprendre toute l’importance historique de cet exploit improbable réalisé par l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC).

Comme nous savons, le March Madness est un tournoi où s’affrontent les 68 meilleures équipes de basketball universitaire des États-Unis. Le tournoi débute avec le First Four, une ronde préliminaire de quatre matches où huit équipes jouent pour le droit de rejoindre les 60 autres universités pour les matchs de première ronde. Une fois ces quatre rencontres disputées, on se retrouve avec 64 équipes réparties dans quatre grandes régions. Chaque région compte alors 16 équipes qui sont classées de 1 à 16. L’équipe #1 est considérée comme la meilleure de cette région et l’équipe #16 comme la plus faible.

En 1989, Princeton est passé bien près d’être la première équipe au 16e rang à vaincre une équipe #1 dans le cadre du premier tout. Même aujourd’hui, près de 30 ans plus tard et malgré la victoire de UMBC vendredi dernier, ce match reste gravé dans l’esprit des amateurs du March Madness. L’université Princeton (un #16) avec son équipe composée de surdoués dans les salles de classe (et non sur un terrain de basket) est passée tout près de battre l’université Georgetown (un #1) et ses Goliaths, tel Alonzo Mourning. C’est justement celui-ci qui a bloqué le dernier tir des Tigers, à une seconde de la fin pour préserver la victoire par un minuscule petit point. Il s’agissait de son deuxième lancer bloqué dans les 5 dernières secondes du match. Jamais avant un #16 n’était parvenu si près de la victoire.

Plus tard, un miracle s’est produit en première ronde du tournoi de 1998, lorsque Bryce Drew, le fils de l’entraîneur-chef de l’université Valparaiso, a réussi un trois points avec moins de 2,5 secondes restantes au tableau indicateur. Ce lancer est mieux connu sous le nom de The Shot. On voit souvent ce jeu historique dans les publicités du March Madness et du basketball de la NCAA à la télé. Il reste qu’il s’agissait de la victoire d’un #13 contre un #4 (Ole Miss) et non d’un #16 triomphant face à un #1.

En 2005, tous les éléments d’un classique étaient rassemblés dans un même match de première ronde : Vermont contre Syracuse. L’université de Syracuse avait remporté le tournoi, deux ans auparavant. Pourtant, les Catamounts du Vermont ont remporté ce match de façon improbable, en période supplémentaire aidé d’un lancer loin derrière la ligne de trois points à 1:06 de la fin. La marque finale était de 60 à 57. Une équipe #13 venait de sortir une équipe #4 du tournoi dès le premier tour. C’était un exploit tout aussi inattendu que Bryce Drew et Valpo en 1998, mais ce n’était pas un #16 qui avait le dessus sur un #1.

Plus récemment, en 2016 lorsque Middle Tennessee (un #15) a vaincu Michigan State (un #2), plusieurs experts ont considéré cette victoire comme la défaite la plus importante de toute l’histoire du March Madness. Les Spartans de Michigan State étaient considérés par plusieurs comme les favoris pour rempoter le tournoi, cette année-là. Plusieurs ont considéré cette victoire comme ce qui se rapprochait le plus d’un #1 perdant aux mains d’un #16.

Cette année, un #16 a vraiment battu un #1 dans les premiers jours du tournoi. Dans l’histoire du March Madness, il y a eu 135 affrontements entre une équipe #16 et une équipe #1. Chaque fois, le match s’est terminé avec une victoire de l’équipe #1. Souvent ces victoires étaient de 20, 30 points et plus. Il y a peut-être seulement les Harlem Globetrotters qui ont connu une meilleure séquence de victoires que les #1 du March Madness. Depuis 1985, il y a des matches entre des équipes #1 et #16 au tournoi de la NCAA. Depuis ce temps, on a vu les Red Sox et les Cubs gagner la Série Mondiale de manière inespérée, mais, à mon sens, plus rien ne peut rivaliser avec la surprise causée cette année au March Madness par l’Université du Maryland, Baltimore County.

Crédit photo : USA Today Sports – For The Win.

 

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3 mois
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Basketball collégialNCAA
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