March Madness : une folle méthodologie | Éric Vallières

C’est aujourd’hui, en ce mardi 13 mars, que débute le tournoi de basketball de la NCAA, mieux connu sous le nom du March Madness. 68 équipes masculines de Division I vont prendre part à ce tournoi qui se déroulera à travers les États-Unis tout au long du mois de mars.

 

Vous vous questionnez peut-être à savoir comment ces 68 équipes sont sélectionnées parmi plus de 350 universités ? Voici un peu comment le processus fonctionne :

 

Selection Sunday

 

Le dimanche précédant le début du tournoi, un comité de 10 personnes mandatées par la NCAA sélectionne les 68 équipes. La journée du dévoilement des noms des universités est connue sous le nom du Selection Sunday.

 

Plusieurs critères sont pris en compte lors de cette journée pour le choix des équipes.

 

Champions de conférences

 

Les champions de chacune des conférences qui composent la Division I du NCAA basketball masculin sont automatiquement invités au March Madness. Ce qui d’emblée correspond à 32 équipes.

 

Chaque conférence organise son tournoi à la fin de sa saison régulière pour déterminer son champion et, du même coup, l’équipe qui sera assurée de représenter cette conférence au tournoi du March Madness. Les champions proviennent de toutes les conférences : le Power 5 (Big Ten, ACC, Big 12, SEC et Pac-12) et les mid-majors (Atlantic 10, Missouri Valley, Big East, West Coast, Ivy League[1], etc).

 

Les 36 autres

 

Sélectionner les 36 autres équipes qui auront la chance de jouer dans le tournoi est la plus grande partie du travail du comité de sélection. Le résultat de cette sélection est fortement matière à débat, mais le comité essaie de rendre une décision la plus objective possible à partir de critères fort pointus.

 

Le comité ne se base pas seulement sur le nombre de victoires et défaites, mais aussi sur les adversaires qu’une équipe a affrontés durant la saison régulière. Ainsi, jouer dans une des conférences du Power 5 a plus de poids que de jouer dans une conférence mid-major, parce que, depuis de nombreuses années, les équipes du Power 5 sont considérées supérieures aux équipes mid-majors. Or, les mid-majors ont toujours la possibilité d’améliorer leur sort en programmant des matchs hors conférence contre des équipes du Power 5 durant la saison régulière. De plus, une équipe mid-major qui parvient à prendre part au March Madness, année après année, aide à renforcer la valeur de sa conférence aux yeux du comité de sélection. Ce qui peut amener le comité à choisir une école mid-major, même si elle n’a pas remporté sa conférence.

 

Les équipes vaincues représentent également un point déterminant dans le processus de sélection du March Madness. Évidemment, une victoire contre North Carolina est plus impressionnante qu’une victoire face à Delaware. Il y a aussi les performances dans les matchs sur la route. Si l’on reprend notre exemple précédent, une victoire sur la route contre North Carolina a plus de poids qu’une victoire sur la route contre Delaware. Notons que les résultats dans les matchs de fin de saison laissent une impression plus forte sur les membres du comité de sélection. Si ses résultats sont des victoires, bien sûr.

 

À la lecture de ces critères, on pourrait croire que les équipes choisies par le comité proviennent surtout des conférences du Power 5, mais d’autres éléments peuvent favoriser la cause d’équipes négligées. Une équipe qui parvient à veiller tard, de manière inespérée, dans un March Madness augmente considérablement ses chances d’être réinvitée l’an prochain, même si elle ne termine pas en tête de sa conférence à ce moment-là. Des équipes «cendrillons», comme on les surnomme souvent, tombent ainsi dans l’œil d’une majorité de membres du jury de sélection du tournoi et se voient parfois offrir une deuxième chance de se mesurer aux équipes dominantes du réseau universitaire américain du Power 5.

 

Les régions

 

Les 68 équipes choisies sont réparties dans quatre grandes régions. En plus de sélectionner les 68 universités participantes, le comité de sélection a aussi la tâche de répartir ces équipes dans quatre régions et de les classer à l’intérieur de ces régions en ordre de la plus forte à la plus faible. Les quatre régions cette année sont : South, West, Midwest et East. Parce que d’une année à l’autre le découpage du territoire peut varier. On cherche à ce que l’ensemble du territoire des États-Unis soit représenté équitablement, sans privilégier un État plus qu’un autre, sans négliger une parcelle de terre.

 

La sélection des équipes pour le tournoi du March Madness relève d’un travail complexe qui provoque son lot de commentateurs insatisfaits et de débats endiablés. Il y aura toujours des équipes qui seront laissées en reste au pied de la porte d’entrée. Tel est le principal sujet de discorde chez les observateurs de la NCAA. C’est en partie l’attrait pour ce tournoi (l’autre est celui d’assister aux upsets du tournoi, c’est-à-dire les victoires inattendues des petites équipes face aux grandes). Mais au final, lorsque le dernier match sera joué le 2 avril et que l’équipe gagnante sera sacrée championne nationale, il n’y aura aucun débat. Alors là, tous seront d’accord au sujet de qui représente la meilleure équipe.

[1] Conférence composée des universités prestigieuses telles Harvard, Yale, Princeton et Dartmouth.

Publié
5 mois
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Basketball collégialNCAA
Commentaires
1 Comment

One comment on “March Madness : une folle méthodologie | Éric Vallières

  1. Merci de débroussailler ce mécanisme qui sinon ressemble à du chinois !
    Comme le football collégial d’ailleurs!

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