À la mémoire de Rodger Brulotte — À l’approche de la saison 2026 de la MLB, découvrez les forces et les faiblesses des cinq équipes de la division Est de l’Américaine.
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Match numéro sept, fin de onzième manche. Vladimir Guerrero Jr., bien installé au deuxième but, est en position de créer l’égalité. Le receveur Alejandro Kirk représente la dernière chance de concrétiser un rêve vieux de trois décennies, un rêve qu’un pays entier partage. Malchanceux, son bâton se fracasse. La balle roule vers l’arrêt-court, se transformant en double jeu, et les Dodgers sont sacrés champions de la Série mondiale 2025.
C’est sur cette séquence que le baseball nous a laissés en 2025. Malgré une impressionnante saison de 94 victoires et un premier titre de division en plus d’une décennie, les Blue Jays de Toronto sont arrivés à court face à l’une des meilleures équipes de l’histoire des majeurs. 145 jours plus tard, un nouveau chapitre s’ouvre enfin sur la MLB, avec de multiples opportunités pour les équipes aspirant à inscrire leur nom dans l’histoire de la Série mondiale. Dans cette optique, voici ce qui attend les Jays dans l’est de l’américaine, division la plus compétitive du baseball.
Incertitudes à Toronto
Après une saison mémorable en 2025, Toronto a connu un hiver tumultueux, marqué par plusieurs mouvements de personnel. Bien évidemment, la saga Kyle Tucker et celle de Bo Bichette ont retenu l’attention pendant la quasi-totalité de l’hiver, mais malgré les efforts déployés, aucun des deux joueurs ne s’alignera pour les Blue Jays. Néanmoins, l’équipe a tenté de pallier ces échecs avec l’arrivée du Japonais Kazuma Okamoto.
En dépit de cet ajout, lorsqu’on compare la formation du match numéro sept à celle projetée pour le match d’ouverture, il est difficile d’affirmer que l’attaque sera plus dynamique que l’an dernier. Ce qui faisait la grande force en 2025, c’était sans l’ombre d’un doute la contribution collective. À tour de rôle, des joueurs comme Barger, Clement, Varsho et Lukes ont su livrer la marchandise, alors que les George Springer et Vladimir Guerrero Jr. ont offert des saisons à la hauteur des attentes.
Aujourd’hui, cette force devient presque un point d’interrogation. À mon avis, même si une légère baisse de production est à prévoir, le noyau devrait demeurer fidèle à lui-même. En Santé, Springer continuera d’avoir un impact considérable, tandis que Guerrero Jr. devrait jouer à la hauteur de son statut de super-vedette. Quant aux joueurs de soutien, ils devraient continuer de produire de manière efficace. L’arrivée d’Okamoto devrait stabiliser le bas de l’alignement, tandis qu’un possible retour de Santander en deuxième moitié de saison pourrait ajouter de la puissance au haut de la formation.
C’est toutefois du côté des lanceurs que se trouvent, selon moi, les plus grandes inquiétudes. Alors qu’on évoquait en février la possibilité d’une solide rotation à cinq, voire six partants, la réalité est tout autre à l’approche de la saison. Trois des cinq meilleurs lanceurs se retrouvent actuellement sur la liste des blessés, et deux d’entre eux n’ont toujours pas lancé en 2026.
Une fois les Bieber, Yesavage et Berríos de retour, et avec Kevin Gausman et Dylan Cease en tête d’affiche, Toronto comptera sur l’une des rotations les plus complètes de la ligue.
Les Blue Jays ont également corrigé ce qui constituait leur plus grande faiblesse l’an dernier : l’enclos des releveurs. L’ajout de Tyler Rogers vient solidifier les fins de match et permettre à Jeff Hoffman d’aborder la neuvième manche avec davantage de confiance.
Il ne faut pas non plus négliger l’apport de lanceurs comme Varland, Fluharty et Lauer, qui, combiné à une rotation solide, pourrait permettre aux Jays de neutraliser plusieurs attaques adverses soir après soir.
Portés par l’élan créé en 2025, les Blue Jays disposent, de tous les éléments pour se maintenir au sommet de la division. Si la santé et la constance suivent, il sera permis de rêver à nouveau à Toronto.
L’attaque comme moteur de victoire
Du côté de New York, les mythiques Yankees seront à nouveau à surveiller de très près en 2026. Comptant sur un excellent mélange de frappeurs gauchers et droitiers, New York possède l’une des attaques les plus explosives de la ligue. Avec Aaron Judge, Cody Bellinger, Jazz Chisholm Jr. et Giancarlo Stanton dans l’alignement, les Yankees devraient demeurer fidèles à leur surnom de « bombardiers du Bronx » et faire voyager la balle de façon constante, soir après soir. Si New York réussit à corriger le tir en défense, il ne fait aucun doute qu’ils auront un alignement capable de veiller tard en octobre.
À l’image des Jays, ce sont peut-être les lanceurs qui inquiètent à l’aube de l’ouverture. Privés de Gerrit Cole et de Carlos Rodón en début de saison, le bas de la rotation devra être en mesure de fournir des départs de qualité afin d’assurer un bon départ aux Yankees.
Avant le retour de ces deux piliers, Max Fried devrait assumer une bonne partie du travail, tandis que Cam Schlittler et le nouveau venu Ryan Weathers devraient compléter le haut de la rotation pour le début de la saison.
Du côté des releveurs, les représentants de la Grosse Pomme ont connu plusieurs difficultés l’an dernier, notamment avec le releveur de fin de match Devin Williams. Son départ permet désormais à David Bednar de s’établir comme le releveur numéro un, épaulé par un excellent Camilo Doval.
Les équipes s’enchaînent et se ressemblent, car à Baltimore, on observe également plusieurs problèmes liés aux lanceurs. Sans véritable numéro un, les Orioles possèdent probablement la rotation la plus fragile de la division. Menés par Trevor Rogers, les O’s devront faire preuve d’ingéniosité pour maintenir les matchs à bas pointage.
L’enclos des releveurs est également une source d’inquiétude. Bien que l’ajout de l’un des meilleurs releveurs en 2024, Ryan Helsley, puisse aider en fin de match, un manque de profondeur est évident.
Heureusement pour les partisans des Orioles, leur attaque pourrait bien compenser. Contrairement à leur personnel de lanceurs, Baltimore peut compter, à mon avis, sur l’attaque la plus électrisante de la division. Menés par Gunnar Henderson et Pete Alonso, les Orioles devraient marquer beaucoup de points, dans un stade qui leur est d’ailleurs favorable.
Le bas de l’alignement devrait également produire, notamment avec les jeunes joueurs Samuel Basallo, Coby Mayo et Colton Cowser. Reste à voir jusqu’où l’attaque des champions de la division en 2023 pourra les mener.
Les lanceurs à l’honneur
À Boston, les Red Sox compteront sur le meilleurs groupes de lanceurs de la division. Menée par le finaliste au Cy Young l’an dernier, Garrett Crochet, la formation pourra s’appuyer sur un mélange intéressant de talent et de profondeur dans une rotation qui inclut également Ranger Suárez, Brayan Bello et Sonny Gray. L’équipe pourra aussi compter sur un duo de releveurs redoutable, alors qu’Aroldis Chapman et Garrett Whitlock assureront les huitième et neuvième manches.
En attaque, les Red Sox présentent toutefois quelques points d’interrogation à l’aube de la saison. Revenant d’une saison de transition marquée par le départ de leur meneur Rafael Devers, l’équipe mise désormais sur un groupe de jeunes joueurs prometteurs mené par Roman Anthony et Jarren Duran.
C’est toutefois à l’avant-champ que plusieurs questions se posent. Le rendement de joueurs comme Trevor Story, Caleb Durbin et Marcelo Mayer sera déterminant pour permettre à Boston de produire avec constance.
Sans titre de division depuis 2018, il est permis de croire qu’à Boston, cette disette pourrait peut-être prendre fin cette année.
Après une saison sans domicile fixe, les Rays de Tampa Bay seront de retour au Tropicana Field, et un nouveau stade semble enfin être dans les plans de l’état-major.
Au-delà des enjeux hors du terrain, l’équipe n’affichera pas la même puissance offensive que ses plus proches rivales. Les Rays se sont départis de plusieurs bons éléments cet été, dans l’objectif d’alléger la masse salariale et de miser davantage sur la jeunesse. Malgré un manque de profondeur qui persiste année après année, le gérant Kevin Cash a toujours su tirer le maximum de ses joueurs, rendant Tampa Bay plus compétitive que ce que son alignement laisse croire sur papier.
À l’image des Red Sox, les Rays miseront d’abord sur leurs lanceurs pour donner le ton. Bien qu’ils ne possèdent pas une rotation de partants du tonnerre, un retour de Shane McClanahan, combiné à un Drew Rasmussen en pleine possession de ses moyens, pourrait permettre à l’équipe d’aller chercher plusieurs victoires surprenantes.
La force de l’équipe réside toutefois dans l’enclos des releveurs, alors que Tampa Bay peut se vanter d’avoir l’un des meilleurs groupes de la ligue. Avec Griffin Jax et Garrett Cleavinger comme meneurs, les releveurs pourraient permettre aux Rays de garder la majorité des matchs à leur portée.
Enfin, bien que chacune des autres formations présente des lacunes, selon moi, les Red Sox demeurent le choix logique pour le titre de la division, puisqu’ils offrent le plus de stabilité à toutes les positions.
Prédictions : * = En séries
1- Red Sox de Boston *
2- Blue Jays de Toronto *
3- Yankees de New York *
4- Orioles de Baltimore
5- Rays de Tampa Bay
Crédit image de couverture: 2025 Getty Images


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