Dans quelques heures, la 6ᵉ édition de la Classique mondiale de baseball prendra officiellement son envol. En quête d’une première qualification, découvrez ce qui attend le Canada dans le Groupe A.
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Depuis sa création en 2006, la Classique mondiale de baseball réunit les 20 meilleures nations du sport afin de couronner le champion du monde. Si le tournoi suscitait peu d’intérêt à ses débuts, le contexte entourant la compétition a énormément évolué au fil des années, devenant aujourd’hui le pilier du baseball international.
Avant de poser les bases de chacune des équipes du Groupe A, il est important de bien comprendre le contexte entourant cette 6ᵉ édition de la Classique mondiale. Revenant d’une édition historique en 2023, le tournoi connaît aujourd’hui une popularité grandissante. Cet engouement s’inscrit également dans un contexte particulier, alors que plusieurs observateurs surveillent de près la possible participation des joueurs de la MLB aux Jeux olympiques de 2028.
Comme lors des tournois précédents, les équipes seront limitées par un nombre maximal de lancers par lanceur. Un lanceur ne pourra effectuer plus de 65 lancers lors de la ronde préliminaire, 80 en quarts de finale et 95 lors des rondes finales. Également, pour la première fois de son histoire, la Classique mondiale adoptera le chronomètre des lancers déjà implanté en MLB.
Enfin, contrairement à la MLB, le système automatisé de décisions derrière le marbre (ABS) ne sera pas utilisé durant le tournoi. Les décisions des arbitres concernant les balles et prises demeureront donc finales, sans possibilité de contestation par les joueurs.
Une formation canadienne prometteuse
Bien que présente à chacune des éditions du tournoi, l’équipe canadienne n’a encore jamais franchi la ronde préliminaire. Toujours dirigée par le mythique Ernie Whitt, l’Unifolié possède toutefois, toutes les raisons de croire qu’une première qualification est enfin à sa portée.
Du côté offensif, bien que l’équipe soit privée de sa plus grande vedette, Freddie Freeman, jamais le Canada n’a aligné autant de talent. L’attaque devrait être menée par le joueur de premier but des Mariners et capitaine de l’équipe, Josh Naylor (31 circuits en 2024), ainsi que par le voltigeur des Orioles Tyler O’Neill (34 circuits en 2021). Ils seront épaulés par les Québécois Abraham Toro et Édouard Julien, et pourront également compter sur les joueurs des Marlins, Otto Lopez et Owen Caissie.
C’est toutefois en défense que, selon moi, l’équipe se démarque le plus. Mené par O’Neill, double récipiendaire du Gant d’or au champ extérieur, le Canada pourra également compter sur la stabilité défensive du receveur des Guardians Bo Naylor, ainsi que sur l’électrisant voltigeur de centre des Athletics Denzel Clarke.
Sur le monticule, plusieurs des meilleurs bras canadiens manqueront à l’appel. À l’image de Freeman en attaque, Nick Pivetta, Matt Brash, Jordan Romano, Eric Sabrowski et Cade Smith ne participeront pas au tournoi. Malgré ces absences, l’équipe pourra compter sur une rotation composée de lanceurs établis dans les majeures. Michael Soroka et Jameson Taillon devraient amorcer les deux premiers matchs du Canada. Cal Quantrill pourrait se voir confier le mandat le plus difficile face à Porto Rico, lui qui excelle à provoquer des roulants chez les frappeurs adverses. Logan Allen ou le vétéran gaucher James Paxton devraient compléter la rotation lors de la ronde préliminaire.
Les plus grandes interrogations se situent toutefois du côté des releveurs. Sans véritable releveur numéro un, le Canada devra faire preuve de créativité pour obtenir les retraits cruciaux en fin de match. Seul releveur actif régulier des majeures au sein de l’effectif, Rob Zastryzny devrait assumer une lourde charge de travail.
Dans un stade comme le Hiram Bithorn de San Juan, la marge d’erreur risque d’être mince pour une équipe canadienne qui jouera peut-être les matchs les plus importants de son histoire internationale.
Deux puissances caribéennes
À domicile, Porto Rico a toutes les raisons de se considérer comme le favori du groupe. Finaliste lors des éditions de 2013 et 2017, la formation sera une fois de plus dirigée par l’ancien receveur étoile des Cardinals, Yadier Molina.
Bien que plusieurs joueurs d’impact soient absents en raison des nombreuses zones grises entourant la protection contractuelle des joueurs de la MLB, l’équipe pourra tout de même compter sur du talent à toutes les positions clés. L’attaque reposera notamment sur Nolan Arenado, Willi Castro, Heliot Ramos et MJ Melendez.
Défensivement solide, Porto Rico pourra surtout miser sur un des meilleurs tandems de releveurs au monde en Fernando Cruz et Edwin Díaz. La rotation partante soulève toutefois certaines interrogations. Malgré la présence du vétéran Seth Lugo, il demeure difficile d’identifier d’autres lanceurs capables d’offrir d’aussi bonnes performances.
Du côté de Cuba, plusieurs des meilleurs joueurs du pays ont choisi de ne pas représenter l’équipe nationale pour des raisons politiques. Malgré tout, la pression demeure énorme sur les Cubains, eux qui n’ont jamais raté les rondes éliminatoires de la compétition.
Offensivement, l’équipe sera menée par le vétéran Alfredo Despaigne ainsi que par Yoán Moncada. Cependant, l’absence de vedettes majeures comme Yoenis Céspedes et Luis Robert Jr pourrait limiter autant la production offensive que la stabilité défensive de l’équipe.
Les cubains pourront néanmoins compter sur le récent joueur par excellence de la Ligue du Pacifique, Livan Moinelo, en plus de s’appuyer sur l’expérience des releveurs Yariel Rodríguez et Yoan López.
Ainsi, même si l’équipe cubaine présente plusieurs lacunes exploitables, elle demeure historiquement dangereuse dans ce type de tournoi.
Surprise en vue dans le Groupe A ?
Si, sur papier, le Canada, Porto Rico et Cuba semblent destinés à se disputer les trois premières places du groupe, il ne faut toutefois pas oublier le Panama et la Colombie.
Souvent sous-estimé sur la scène internationale, le Panama continue de progresser année après année. À l’attaque, la troupe dirigée par José Mayorga comptera dans ses rangs plusieurs joueurs d’avant-champ évoluant dans les majeures, notamment José Caballero, Leo Jiménez, Edmundo Sosa et Miguel Amaya. L’équipe pourra également miser sur la puissance des vétérans Christian Bethancourt et Rubén Tejada pour produire de gros coups sûrs dans les moments importants.
Si l’attaque apparaît comme la grande force de cette formation, le monticule demeure toutefois une faiblesse importante. À l’exception du gaucher des Guardians Logan Allen — à ne pas confondre avec celui du Canada — l’équipe ne possède que très peu de lanceurs élites. Capable malgré tout de provoquer des surprises, il sera intéressant de voir jusqu’où cette attaque dynamique pourra les mener.
Un portrait similaire peut être dressé du côté de la Colombie, une équipe talentueuse mais qui manque cruellement de profondeur. Toujours portée par l’élan de sa spectaculaire victoire contre le Mexique lors de la dernière édition, la formation colombienne comptera sur le vétéran gaucher José Quintana pour mener la charge.
Offensivement, même si la Colombie ne possède pas nécessairement de supervedettes, elle alignera plusieurs frappeurs fiables comme Donovan Solano, Gio Urshela ainsi que le prometteur espoir Michael Arroyo.
Dans un tournoi aussi court et imprévisible que la Classique mondiale, tout peut basculer rapidement, et une seule victoire inattendue pourrait complètement rebattre les cartes de la qualification.
Enfin, l’action du Groupe A commencera vendredi, avec Cuba et le Panama qui s’affronteront en lever de rideau. Le Canada, de son côté, entamera son tournoi le 7 mars face à la Colombie.
Prédiction:
1- Porto Rico (4-0)
2- Canada (3-1)
3- Panama (2-2)
4- Cuba (1-3)
5- Colombie (0-4)
Crédit image de couverture: Daniel Shirey (2023), Getty Images


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