À l’orée des séries éliminatoires de la Coupe Walter, découvrez ce qui attend la Victoire de Montréal et les trois autres équipes de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) au premier tour.
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Pour une troisième fois de sa jeune histoire, la Victoire de Montréal disputera du hockey printanier après avoir terminé au premier rang du classement. Dans un format propre à la LPHF, la formation montréalaise avait la possibilité de choisir son adversaire dès le premier tour. C’est finalement sur le Frost du Minnesota que la Victoire a jeté son dévolu. Dans cette optique, découvrez ce qui attend la Victoire, mais également les trois autres formations de la LPHF lors du premier tour des séries éliminatoires.
Vers un printemps mémorable à Montréal ?
Après une saison où la LPHF est passée de six à huit formations, il était difficile d’imaginer que l’une des équipes originales terminerait le calendrier régulier au premier rang du classement. C’est pourtant ce qui s’est produit, alors que les Goldeneyes de Vancouver et le Torrent de Seattle ont connu des saisons difficiles, permettant à Montréal de terminer au sommet.
Il s’agit d’un exploit que l’on peut qualifier d’extraordinaire pour une équipe qui a traversé plusieurs défis cette saison. D’abord amputée par le repêchage d’expansion, qui a vu d’excellentes joueuses quitter la métropole, la formation montréalaise a également perdu les services de sa meilleure joueuse, Marie-Philip Poulin, au cœur de son sprint final.
Malgré cela, la Victoire a connu ses meilleurs moments en fin de saison, remportant notamment huit de ses neuf derniers matchs, coiffant du même coup ses plus proches rivales au fil d’arrivée. En terminant première au classement, Montréal avait l’occasion de choisir son adversaire lors du premier tour éliminatoire, une décision que l’on peut qualifier de délicate. La Victoire devait trancher entre affronter la seule équipe championne de l’histoire de la ligue, le Frost du Minnesota, ou croiser le fer avec la formation qui l’avait éliminée l’an dernier, la Charge d’Ottawa.
C’est finalement sur le Frost du Minnesota, pourtant troisième au classement, que la Victoire a arrêté son choix. Il est difficile de cerner des faiblesses chez une équipe championne, surtout lorsqu’elle peut compter sur l’attaque la plus dynamique de la ligue. Mené par les trois meilleures pointeuses du circuit, dont la meilleure buteuse, le Frost représentera un sérieux défi dans la zone défensive montréalaise.
C’est toutefois dans cet aspect que Montréal s’est le plus démarquée cette saison, accordant le moins de buts parmi les huit formations de la ligue (41) soit 32 de moins que son adversaire du premier tour. Ann-Renée Desbiens, véritable moteur de l’équipe cette saison, aura certainement un rôle clé à jouer en séries, elle qui a terminé sa campagne au sommet des principales statistiques chez les gardiennes.
Il est également difficile de passer sous silence les performances de Montréal face au Minnesota cette saison. Lors de leurs quatre affrontements, la formation montréalaise s’est imposée chaque fois, dont deux par jeu blanc, muselant la puissante attaque du Frost à moins d’un but par match en moyenne. La Victoire a aussi connu du succès lors de son plus récent duel contre le Minnesota, et ce, malgré l’absence de sa grande meneuse, Marie-Philip Poulin.
Cette absence a d’ailleurs permis à l’équipe de se redéfinir, alors que plusieurs joueuses ont pris le relais. À tour de rôle, les Dubois, Goseling et Scamurra, ainsi que l’ensemble des joueuses de soutien, ont élevé leur niveau de jeu, permettant à Montréal de compenser collectivement l’apport de sa capitaine, soir après soir. C’est justement cela qui constitue, à mon avis, la plus grande force de cette équipe à l’aube des séries : son excellente profondeur.
Dans une saison où l’équipe a su progresser malgré les difficultés, il est difficile d’imaginer un scénario où la Victoire ne répète pas son succès en séries. Dans cette optique, je prédis Montréal en cinq matchs.
Retour en final pour Ottawa ?
Ce n’est finalement qu’au dernier match de la saison régulière que le portrait des séries éliminatoires s’est confirmé. La Charge d’Ottawa a décroché le dernier billet en signant une victoire importante face à sa rivale ontarienne, Toronto, lui permettant ainsi de participer aux séries d’après-saison.
Sans être flamboyante, la Charge a remporté trois de ses quatre dernières joutes dont deux face aux Sceptres, ce qui lui a permis de se tailler une place en séries.
C’est tout le contraire pour Boston, qui, comme la Victoire, s’est battue tout au long de la saison pour le premier rang du classement. Dominante du début à la fin malgré le départ de leur ancienne capitaine Hilary Knight, le Fleet a bâti son succès sur une défensive étanche. Mené par Aerin Frankel, Boston n’a accordé que 45 buts en saison régulière.
Il n’y a toutefois pas que les performances de Frankel qui ont marqué la saison du Fleet, alors que l’ajout de Jessie Eldridge en milieu de saison a dynamisé l’attaque de l’équipe.
En défense, la capitaine Megan Keller a continué d’exceller et, combinée à la recrue Haley Winn, il n’était pas surprenant de voir le Fleet décrocher le premier billet des séries, le plus rapide de l’histoire de la ligue.
Du côté d’Ottawa, pour espérer l’emporter, l’équipe devra compter à nouveau sur des performances inspirées de la plus récente joueuse par excellence des séries éliminatoires, la gardienne Gwyneth Philips. De loin la portière la plus utilisée cette saison, Philips a connu une excellente première campagne comme gardienne numéro un, étant d’office lors de 16 des 17 victoires de son équipe.
L’équipe pourra également compter sur la grande expérience acquise lors du dernier parcours éliminatoire. Victorieuse aux mains de Montréal puis défaite en quatre rencontres en finale, il ne fait aucun doute que le rôle de négligée n’inquiète aucunement la formation de la capitale nationale. Si Jenner et Leslie reprennent là où elles avaient laissé en saison régulière, Ottawa pourrait bien remporter la série.
D’autant plus qu’aucun match entre ces deux formations cette saison ne s’est décidé dans les 60 minutes réglementaires. Portée par le retour de leur entraîneuse-cheffe Carla MacLeod, aux prises avec un cancer du sein, la Charge d’Ottawa arrivera en séries avec le vent dans les voiles.
Il demeure toutefois que Boston est une meilleure équipe, mais le talent ne fait pas tout ! Je prédis donc une finale entièrement canadienne et, du même coup, une victoire en cinq matchs d’Ottawa.
Au final, il ne fait aucun doute que les quatre formations en lice ont ce qu’il faut pour aspirer aux grands honneurs. Reste maintenant à découvrir qui saura tirer son épingle du jeu au bon moment.
Bonnes séries !
Crédit image de couverture : LPHF


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