L’ultime Victoire !

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Difficile d’imaginer un meilleur scénario que celui qui s’est concrétisé mercredi soir, alors que la LPHF a couronné une première équipe canadienne pour clore le troisième chapitre de son histoire.

Dans une série chaudement disputée, la Victoire de Montréal a disposé de la Charge d’Ottawa en quatre rencontres, mettant ainsi la main sur la première Coupe Walter de sa jeune histoire.

Parfois, le sport peut être cruel et ne pas offrir aux meilleures équipes la chance de soulever le précieux trophée au terme d’une saison. Pour la Charge, ce revers représente une deuxième défaite consécutive en finale. Toutefois, il ne fait aucun doute que la meilleure équipe a eu le dernier mot.

Dès lors, que peut-on réellement retenir de l’exploit de la Victoire de Montréal ?

Une équipe résiliente

Bien rares sont les saisons qui ressemblent à un long fleuve tranquille, et la campagne de la Victoire ne fait pas exception. C’était d’ailleurs un thème récurrent lors des entrevues d’après-match, alors que, tour à tour, les joueuses mentionnaient aux différents membres des médias présents au Centre Canadian Tire d’Ottawa à quel point cette équipe a traversé plusieurs épreuves afin d’atteindre l’objectif final.

D’abord, un phénomène qui risque de se répéter à plusieurs reprises au cours des prochaines années : le fameux repêchage d’expansion, qui est venu amputer les six formations originales de la ligue. Dans une jeune ligue, remplacer des joueuses de soutien représente une tâche difficile, et plusieurs équipes ont malheureusement connu les aspects négatifs de cette situation.

Contrairement à ce qui était anticipé, la Victoire a su s’adapter mieux que quiconque à la perte de ses deux joueuses via l’expansion, mais également aux multiples départs survenus durant l’entre-saison.

Malgré ces embûches, soulignons le travail colossal de l’état-major de l’équipe, qui aura réussi à combler ces pertes, à permettre à d’autres joueuses de saisir de nouvelles opportunités, mais surtout à effectuer les bonnes transactions au bon moment.

Dans cette optique, celle qui aura de loin le plus marqué la saison de Montréal cette année est l’acquisition d’Abby Roque. Cette dernière aura été une pièce maîtresse de l’attaque de la Victoire et l’une des principales artisanes de la conquête.

Et puis, il y a également eu ces difficultés que l’équipe a rencontrées durant le long marathon de la saison. En pleine course pour le premier rang de la ligue, la Victoire a perdu sa capitaine Marie-Philip Poulin, blessée au genou. Au-delà de ce qu’elle apporte hors glace, perdre une joueuse de cette importance sur le plan offensif en plein milieu de la saison aurait pu couler l’équipe.

S’il avait été facile d’imaginer la Victoire baisser pavillon, cette perte a, au contraire, semblé faire ressortir le meilleur du groupe. Tour à tour, différentes joueuses ont pris le relais, compensant collectivement l’absence de Marie-Philip Poulin.

Ces situations se sont également poursuivies en séries éliminatoires, alors que l’équipe a encore dû composer avec l’adversité. Affaiblie par un virus à l’aube du match ultime de sa série de demi-finale, la Victoire a répondu de brillante façon en livrant l’une de ses meilleures performances, s’assurant du même coup une première participation à la finale.

Rares sont les équipes championnes qui n’affrontent aucune difficulté en route vers un titre. Une équipe ne se forge pas uniquement dans les victoires faciles, mais surtout dans sa capacité à traverser l’adversité et à répondre dans les moments les plus difficiles, un défi que la Victoire aura relevé avec brio tout au long de la saison.

Les grandes joueuses des grands moments

Bien que l’équipe se soit façonnée en grande partie à travers les épreuves qu’elle a su traverser, il ne faut toutefois pas oublier l’immense différence qu’ont faite ses joueuses clés tout au long de la saison.

D’abord, la Victoire a vu Ann-Renée Desbiens prendre le relais de sa capitaine, devenant le véritable pilier de l’équipe. Finaliste au titre de gardienne de l’année, Desbiens aura été la bougie d’allumage de la formation montréalaise, dominant les autres gardiennes dans plusieurs statistiques importantes, en plus de connaître d’excellentes séries éliminatoires.

À mon avis, il est clair qu’elle méritait tout autant le trophée Ilana Kloss de la joueuse la plus utile des séries éliminatoires que Poulin, considérant son immense impact durant le parcours de la Victoire. Il est également évident qu’elle devrait récolter plusieurs votes pour le trophée Billie Jean King remis à la joueuse la plus utile de la saison, tant son influence sur les succès de Montréal aura été immense. Peu de joueuses peuvent se vanter d’avoir eu un impact aussi important sur leur équipe que Desbiens cette saison.

Dans la même veine, les autres joueuses du noyau de la Victoire auront également eu un impact majeur. Laura Stacey s’est notamment révélée comme la grande meneuse offensive en l’absence de Poulin, récoltant 10 points en 10 matchs durant cette séquence. Il faut aussi souligner l’impact d’Abby Roque qui, au-delà de l’aspect physique qu’elle apporte à l’équipe, s’est imposée comme une joueuse des grandes occasions avec huit points en neuf matchs éliminatoires, dont plusieurs buts importants.

Du côté de la défensive, Erin Ambrose n’a peut-être pas connu une grande saison sur le plan offensif, ne récoltant que six mentions d’aide en 21 matchs. S’il est facile de juger la performance d’une joueuse uniquement par sa production offensive, c’est tout le contraire dans son cas, elle qui représente la pierre d’assise de la défensive montréalaise. Véritable générale à la ligne bleue, elle exerce un impact indéniable sur le jeu défensif de l’équipe, jouant en moyenne plus de 20 minutes par match, soir après soir.

Il y a également eu, au fil de la saison, des révélations qui ont changé la donne. Les Tabin, Gosling et Flaherty ont, à leur façon, influencé la dynamique des matchs en occupant des rôles importants, formant avec Ambrose l’un des top-4 les plus fiables de la ligue.

Finalement, ce qu’on retiendra vraiment de cette équipe championne, c’est l’impact qu’elle aura eu sur le hockey féminin québécois. Ce triomphe inspirera sans doute la prochaine génération de jeunes hockeyeuses et laissera une trace importante dans le développement du sport au Québec. Comme quoi les amateurs de hockey québécois se rappelleront longtemps du printemps 2026 !

Crédit Photo:  PWHL – MTL at OTT – GAME 4 – May 20, 2026

Written by Raphaël Bédard
Raphaël Bédard est étudiant en communication à l’Université Laval depuis 2025. Passionné de sports et de journalisme, il enrichit son expérience sur les ondes de CHYZ 94,3, où il participe à la production et à l’animation de contenus radiophoniques. Fort d’un intérêt marqué pour le hockey et les grands événements sportifs, Raphaël combine rigueur académique et pratique médiatique afin de se préparer à une carrière dans le journalisme sportif.

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