JO 2026: Quel défi attend l’Unifolié dans le groupe A ?

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Milan-Cortina — Les prochains Jeux Olympiques verront le retour des joueurs de la ligue nationale de hockey (LNH) sur la grande scène, une première en plus de 12 ans. À une semaine du début officiel des jeux, découvrez ce qui attend le Canada dans le groupe A, face à la Tchéquie, la Suisse et la France.

23 février 2014, dernier jour des compétitions aux Jeux de Sotchi. Le Canada dispute la finale de la médaille d’or pour la deuxième édition consécutive. Dominants du début à la fin, les joueurs canadiens l’emportent 3-0 face à la Suède. Le hockey international semblait alors au sommet de sa gloire, porté par le retour de la Coupe du Monde en 2016 et l’imminence des Jeux Olympiques de 2018.

À ce moment-là, qui aurait pu imaginer que les amateurs du monde entier devraient attendre 4 371 jours avant de revoir les meilleurs joueurs de la planète sur la glace olympique ? Mais, après plusieurs embûches, le hockey olympique avec la crème de la LNH est enfin de retour. Dans cette optique, voici tout ce que vous devez savoir sur le groupe A, à l’aube de ce grand retour.

Commençons par l’équipe canadienne. Après une longue période de suspense, le 31 décembre dernier, l’état-major de Hockey Canada a enfin dévoilé sa liste des 25 joueurs qui tenteront de ramener l’or olympique au pays. Si certaines sélections ont suscité des débats, le Canada semble disposer sur le papier de tous les atouts pour dominer la compétition. L’équipe compte 23 Coupes Stanley combinées, 19 joueurs de l’édition 2025 du Tournoi des quatre Nations, 20 vétérans du Championnat mondial de hockey, dont 8 médaillés d’or, trois vainqueurs de la Coupe du Monde 2016, et surtout deux double champions olympiques (2010 et 2014).

Si cette expérience constitue un atout majeur, c’est surtout en attaque que le Canada semble en mesure de faire la différence. L’équipe peut compter sur trois des cinq meilleurs pointeurs actuels de la Ligue nationale : Connor McDavid (1), Nathan MacKinnon (2) et Macklin Celebrini (4). À ce trio s’ajoutent des joueurs comme Sidney Crosby, Mitch Marner et Sam Reinhart, qui devraient compléter le top six à l’attaque.

Les hommes de John Cooper disposent également d’une belle profondeur, avec des joueurs capables de jouer dans les deux sens de la patinoire. Anthony Cirelli, Mark Stone, Nick Suzuki et Bo Horvat pourront se charger de missions plus défensives, tandis que Brad Marchand, Brandon Hagel et Tom Wilson compléteront les trios de soutien en apportant la robustesse nécessaire à l’équipe.

Pour ce qui est de Brayden Point, lui qui avait été nommé au sein du groupe des six premiers joueurs en juin dernier, sa présence à Milan-Cortina est incertaine après une blessure subie le 16 janvier dernier. Aucune nouvelle officielle n’a encore été annoncée, mais si son absence se confirmait, le Canada pourrait faire appel à un joueur comme Mark Scheifele, actuellement dans le top 10 des meilleurs pointeurs de la LNH, pour combler la perte offensive causée par l’attaquant étoile des Lightning de Tampa Bay.

En défense, l’unifolié alignera les mêmes huit défenseurs qui avaient pris part au Tournoi des quatre Nations en février dernier. Cale Makar et Devon Toews, qui devrait bientôt retrouver la glace après une blessure au début du mois de janvier, formeront la première paire défensive de l’équipe. Blessé lors du premier match contre la Suède l’an dernier, Shea Theodore retrouvera Josh Morrissey sur la deuxième paire défensive de l’équipe. Les deux joueurs avaient d’ailleurs remporté ensemble la médaille d’or au Championnat mondial junior de hockey en 2015. Thomas Harley et Colton Parayko pourraient compléter la dernière paire défensive, tandis que Drew Doughty, malgré une saison en deçà des attentes, devrait agir comme police d’assurance en compagnie de Travis Sanheim, défenseur des Flyers. Tous deux devraient alterner en tant que septième défenseur de l’équipe.

Si les canadiens alignent des étoiles en attaque et en défense, la position de gardien de but demeure clairement sa plus grande incertitude. Aucun des trois gardiens ne s’est véritablement imposé comme un numéro un incontesté. Jordan Binnington, qui avait fortement contribué à la victoire contre les États-Unis le 20 février dernier, peine à convaincre depuis le début de la plus récente campagne. Ses performances sont loin de correspondre à celles attendues d’un gardien partant, et depuis l’annonce officielle de la formation, il affiche les pires statistiques parmi tous les gardiens canadiens ayant disputé au moins cinq matchs.

À l’inverse, Logan Thompson, en pleine course pour le trophée Vézina, pourrait représenter une belle option pour le Canada. Darcy Kuemper, quant à lui, semble logiquement destiné à occuper le rôle de troisième gardien pour la majorité du tournoi.

Enfin, pour nos représentants, la phase préliminaire sera cruciale. Accumuler un maximum de points permet non seulement de viser la première place du classement parmi les 12 pays participants (ce qui assure des adversaires plus abordables lors de la phase éliminatoire) mais aussi d’obtenir l’avantage du dernier changement en tant qu’équipe « locale » jusqu’en finale, si le parcours se poursuit.

Des défis semblables pour les Tchèques et les Suisses

Pour la Suisse et la Tchéquie, ce tournoi représente l’occasion idéale de consolider leurs récents succès sur la scène internationale. La Tchéquie avait remporté l’édition 2024 du Championnat mondial avec 18 joueurs qui font partie de l’équipe actuelle, tandis que la Suisse s’est inclinée lors de trois des sept dernières finales, dont les deux dernières éditions. Les Suisses pourront compter sur 24 joueurs ayant remporté au moins une médaille d’argent au cours de cette période.

La Tchéquie représente probablement l’équipe la plus dangereuse en dehors des meilleures équipes mondiales présentes au tournoi. Elle alignera 14 joueurs ayant disputé des matchs en LNH cette saison, dont deux vedettes, David Pastrnak et Martin Necas. À cela s’ajoute un groupe de joueurs actifs dans les différentes ligues européennes, cumulant un nombre considérable de matchs d’expérience internationale. En défense, les Tchèques compteront sur les champions de la Coupe Stanley Michael Kempny (2018) et Jan Rutta (2020 et 2021), tandis qu’à l’attaque, les vétérans Dominik Kubalik et Ondrej Kase, ainsi que le spécialiste des tournois internationaux et ancien des Flames de Calgary, Roman Cervenka, viendront appuyer les joueurs évoluant en Amérique du Nord. Dans la peinture bleue, le jeune Lukas Dostal, gardien d’office lors de la victoire en 2024, devrait être le titulaire. Karel Vejmelka, des Mammoths de l’Utah ou Dan Vladar, des Flyers de Philadelphie, devrait le seconder.

De leur côté, les Suisses pourront compter sur les deux plus récents joueurs par excellence du Championnat mondial en l’attaquant Kevin Fiala et le gardien expérimenté Leonardo Genoni. Comme les Tchèques, les Suisses disposeront d’une grande délégation de joueurs évoluant dans la LNH, avec en vedette les défenseurs Roman Josi, Jani Moser et Jonas Siegenthaler, ainsi que les attaquants Timo Meier, Nico Hischier, Pius Suter et Nino Niederreiter. Ce sera aussi l’occasion pour les amateurs du CH de revoir l’ancien attaquant de l’équipe Sven Andrighetto, ainsi que quelques anciens joueurs de la Ligue Nationale comme le défenseur Dean Kukan et le gardien Reto Berra.

Le véritable défi pour ces deux équipes sera la profondeur. Contrairement aux grandes nations du hockey, elles ne peuvent rivaliser sur tous les postes. Comme le montrent leurs performances lors des derniers championnats mondiaux, elles devront viser une perfection défensive pour limiter les dégâts et espérer remporter des matchs serrés.

Retour olympique pour les Bleus

Récemment reléguée du groupe mondial à la suite d’une performance décevante au dernier Championnat du monde, la France effectuera un retour aux Jeux Olympiques pour la première fois depuis l’édition de Salt Lake City en 2002. Qualifiée à la faveur du retrait de la Russie en raison du conflit en Ukraine, la formation dirigée par Yorick Treille aura fort à faire pour soutirer de précieux points aux trois autres pays du groupe.

Menée par le nouvel attaquant des Canadiens de Montréal, Alexandre Texier, le gardien appartenant à l’organisation des Capitals de Washington, Antoine Keller, ainsi que par trois anciens de la Ligue nationale de hockey — Pierre-Édouard Bellemare, Stéphane Da Costa et Yohann Auvitu — les Bleus miseront avant tout sur leur discipline, leur structure défensive et leur expérience obtenue lors des différents tournois internationaux pour rester compétitifs et espérer créer une énorme surprise.

Au-delà des points récoltés au classement, l’objectif des français sera également de faire rayonner le hockey au pays et d’inspirer la prochaine génération. Quoi qu’il advienne, cette participation s’annonce comme une expérience enrichissante, autant pour la fédération française de hockey sur glace que pour les joueurs.

Enfin, bien que les compétitions olympiques débutent officiellement le 4 février prochain avec les épreuves de curling, le tournoi masculin de hockey s’amorcera seulement le 11 février. Le groupe A entrera officiellement en action le lendemain, alors que les quatre formations disputeront leur premier match du tournoi.

Prédiction:

Canada (9 pts)

Tchéquie (5 pts)

Suisse (4 pts)

France (0 pt)

Written by Raphaël Bédard
Raphaël Bédard est étudiant en communication à l’Université Laval depuis 2025. Passionné de sports et de journalisme, il enrichit son expérience sur les ondes de CHYZ 94,3, où il participe à la production et à l’animation de contenus radiophoniques. Fort d’un intérêt marqué pour le hockey et les grands événements sportifs, Raphaël combine rigueur académique et pratique médiatique afin de se préparer à une carrière dans le journalisme sportif.

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