La chronique affolante ! | Lanceurs Américaine | Olivier Blais

Afin de poursuivre notre analyse des surprises et des déceptions de la saison 2018 de la MLB, nous nous dirigeons vers la Ligue Américaine. Cette ligue étrange qui utilise le frappeur désigné. Des forces et des faiblesses différentes au niveau des équipes, mais aussi l’ascension des jeunes face à l’inévitable chute de la vieillesse. De gros noms seront au rendez-vous, mais de purs inconnus feront aussi leur marque. Voici un portrait des 20 performances, surprises et décevantes, de la première moitié de la saison 2018.

 

Surprises lanceurs

 

 

  1. Tyler Skaggs & Marco Gonzales – SP – Los Angeles & Seattle

Voici deux belles surprises quasi identiques. Les deux ont 26 ans, ils sont gauchers, ils jouent sur la côte Ouest et se sont bâtie une réputation de lanceur de finesse et économique lors de la progression d’un match. Évoluant tous deux dans une division hyper compétitive, que nous n’avons pas la chance d’apprécier à sa juste valeur, leur première chance de s’inclure dans une rotation de partants a porté fruit.

Skaggs : 6-5 / 2.64 / 100 K /1.22

Gonzales : 8-5 / 3.77 / 87 K / 1.23

 

  1. José Berrios – SP – Minnesota

Une belle progression pour le natif de Puerto Rico qui le fait culminer, cette année, en un des lanceurs les plus dominants de la section centrale de la Ligue Américaine. Possédant un arsenal de quatre lancers qu’il contrôle parfaitement, sa balle courbe est particulièrement dévastatrice et… AFFOLANTE! Toutefois, il devra limiter le nombre de circuits accordés au Target Field, un environnement froid et légèrement en altitude, une combinaison qui aide rarement les lanceurs des majeures.

8-6 / 3.52 / 111 K / 1.00

 

  1. Blake Snell – SP – Tampa Bay

Tout d’abord, lancer à Tampa Bay n’est pas évident. Se devant d’offrir des promotions du type « viens et on te paie tout » afin de remplir les estrades, je peux comprendre que certains joueurs puissent être démotivés. C’est toutefois le contraire pour Snell, qui a sa troisième saison s’en prend aux grosses pointures de la division Est. À 25 ans, il s’affirme comme un gaucher dominant et est la seule raison pourquoi les Rays ont une fiche respectable de .500. Cependant, il ne pourra sauver la concession qui déménagera à l’est de Toronto dans un avenir rapproché.

11-4 / 2.24 /123 K / 1.01

 

  1. Trevor Bauer – SP – Cleveland

Je dois vous faire une confidence. Votre serviteur participe à sept pools de baseball. Au mois de mars, je m’enferme avec toutes les revues possibles et je me prépare pour les dominer tous! Partout, on prédisait une « breakout season » pour Bauer. J’ai tenté de repêcher le lanceur des Indians, mais en vain. Aujourd’hui, j’en paie le prix. Sa rapide est forte et précise, sa courbe n’arrête plus de casser et son changement de vitesse ne finit plus de freiner. Avec Kluber et Carrasco… ça fait peur!

7-6 / 2.45 / 148 K / 1.09

 

  1. Gerrit Cole et Charlie Morton – SP – Houston

Oui, Houston est une équipe dominante! Elle offre à ses partants une moyenne de cinq points par match. Sa moyenne collective d’équipe au bâton est de .265 : première dans la ligue. Pourtant, ce qui lui permet de dominer ses adversaires outrageusement est le groupe de cinq joueurs qui s’installe régulièrement à 60 pieds 6 pouces du marbre. De ce groupe, Cole et Morton en surprennent plus d’un. Les deux anciens de Pittsburgh lancent des balles de feu et ont chacun une balle à effet qui leur permettent de compiler les retraits au bâton. Ils ont su relancer leur carrière avec la formation du Texas et vous l’aurez lu ici en premier, je leur prédis une deuxième Série Mondiale d’affilée.

Cole : 9-2 / 2.50 / 151 K / 0.92

Morton : 10-2 / 2.55 / 133 K / 1.11

** Mention spéciale à J.A. Happ : 10-4 / 4.03 / 110 K / 1.11 & Sean Manaea : 8-6 / 3.38 / 77 K / 0.97

 

 

Déceptions Lanceurs

 

  1. Lucas Giolito – SP – Chicago

Obtenu dans un échange avec les Nationals pour Adam Eaton, les White Sox, en perpétuelle reconstruction, n’ont pas eu la main heureuse à ce jour. Du haut de ses deux mètres, l’ancien choix de première ronde a toujours été reconnu pour ses puissants lancers. L’an passé, nous avons eu droit à un bref échantillon de son talent, mais cette saison, c’est une catastrophe complète que nous n’aurions pas pu prédire.

5-7 / 6.59 / 51 K / 1.58

 

  1. Sonny Gray – SP – New York

Acquis à la date limite l’an passé pour trois « prospects » (#oaklandisafarmsystem), les Yankees ont subtilisé le visage de la franchise verte et jaune. Gray n’a jamais été dans l’élite de la MLB comme lanceur partant, mais il s’insère très bien comme deuxième ou troisième lanceur dans une bonne rotation. Toutefois, cette année, sa M.P.M. est en hausse dramatique tout comme son nombre de buts sur balles. La pression du Bronx ne lui fait pas? Peut-être est-ce sa relation avec Gary Sanchez? Pour l’instant, on lui a attitré Austin Romine comme receveur personnel et exclusif, afin de l’aider particulièrement pour le côté psychologique du baseball.

5-6 / 5.44 / 73 K / 1.51

 

  1. Ken Giles & Dallas Keuchel – RP & SP – Houston

Quelqu’un peut-il m’expliquer comment fait-on pour avoir une fiche perdante dans une équipe aussi dominante? Tout d’abord, le cas du releveur : Giles lance du gaz. Giles lance des glissantes. Giles lance des prises. C’est aussi simple. Cependant, depuis les séries l’an passé, il n’est pas l’ombre de lui-même. Le « closer » devrait avoir l’avantage d’arriver en fin de match, détendu, connaissant le talent le précédent. Ce n’est pourtant pas le cas. Maintenant, le cas du gaucher à la barbe des séries. Ancien récipiendaire du trophée Cy Young, Keuchel est un lanceur fade cette année. Sa balle rapide est trop lente et son changement de vitesse trop rapide. L’adversaire s’adapte rapidement et matraque ses lancers régulièrement. Il a trop de talent pour ne pas rebondir.

Giles : 0-2 / 4.08 / 28 K / 1.22

Keuchel : 4-2 / 4.22 / 80 K / 1.34

 

  1. Aaron Sanchez – SP – Toronto

Vous souvenez-vous de Sanchez il y a deux ans? Fiche de 15-2 / 3.00 / 161 K. Une première saison complète, tout à fait dominante. Depuis ce temps? À l’image de l’équipe, il a énormément régressé. Affublé plus souvent d’ampoules aux doigts que de départs de qualité dans son bras, le jeune lanceur déçoit grandement à l’instar de la rotation des Jays. Équipé d’un compas dans l’œil en 2016, en lançant ses balles de façon chirurgicale, son travail est maintenant plutôt brouillon. Les buts sur balles doivent être coupés de moitié, MINIMUM.

3-5 / 4.52 / 67 K / 1.51

 

  1. Chris Archer – SP – Tampa Bay

Un de mes préférés par les années passées avec son sourire d’enfant et ses bas jusqu’aux genoux, Archer n’a pas été digne des standards qu’il a lui-même établis. Pour moi, le lanceur des Rays c’est 200 manches lancées, 200 retraits au bâton et une fiche perdante. Cette saison, la fiche sera là, mais pas les deux autres statistiques. Ayant un salaire plus que raisonnable et ce, jusqu’en 2021, il pourrait être une belle monnaie d’échange pour une équipe bien garnie en jeunes bras, désireuse de perdre contre les Astros en finale.

3-4 / 4.24 / 76 K / 1.34

** Statistiques en date du 3 juillet 2018

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