À qui de porter le chapeau ? | Marco Blier

Pour mon tout premier article sur LaPremièreRonde.com, je vais aborder un sujet quelque peu délicat, mais que je considère comme étant vital et central dans la situation « bouetteuse » du Canadien cette saison. Tout d’abord, il ne faut pas lancer la serviette pour les dix prochaines années du Canadien, ne partons pas en peur, comme la masse habituelle des fans du Canadien, le Bleu-Blanc-Rouge est encore à 7 points d’une place en séries éliminatoires, rien n’est encore perdu (pour le moment). Oui ce n’est pas la meilleure saison du CH, oui nos marqueurs sont en panne sèche, non Jonathan Drouin n’est pas Connor McDavid et Price ne peut pas marquer de but. Ceci étant dit, même avec un noyau qu’on pourrait qualifier d’un humble « correct », il y a des lacunes importantes dans l’alignement du Canadien. Lacunes qui sont de plus en plus exposées dernièrement, alors que les médias cherchent un coupable à gauche et à droite, en commençant évidemment par le capitaine Max Pacioretty, qui serait supposément sur le marché des transactions, offert à quiconque pourrait vendre un peu d’espoir à Marc Bergevin de remettre son navire à flot pour au moins la fin de la présente saison, question de sauver son poste et d’entretenir un mince espoir chez les partisans. Même Price fut exposé en public par les médias durant le début de la saison, lui qu’on accusait de ne plus être le meilleur gardien au monde et de ne plus faire gagner l’équipe à lui seul, comme il le faisait jadis (comme si de telles accusations sont raisonnables).

La plus récente victime des médias est le jeune Jonathan Drouin, qui s’est vu décerner un constat d’échec sans avoir même terminé une seule saison avec sa nouvelle organisation, lui qui a été l’heureux élu pour tenter de remplir le rôle de premier centre. Après une demi-saison, on se rend vite compte que Drouin ne sera jamais le pivot du premier centre, que ce soit pour le CH ou toute autre équipe de la LNH, lui qui est un fabricant de jeu hors pair et qui a une touche offensive certaine. Bref, à peu près n’importe quoi sert aux médias présentement afin de faire porter le chapeau à un joueur pour les déboires de l’équipe cette saison, alors qu’au final, à mon avis, tout le monde passe à côté du constat évident : Marc Bergevin est le principal auteur de cette situation et c’est à lui de finalement répondre de ses actes.

Je ne demande pas son congédiement immédiat, mais j’aimerais qu’il reconnaisse au moins ses torts et qu’il arrête de se cacher derrière de belles phrases telles que : « notre défensive est meilleure que l’an passé ». Cependant, même malgré ses erreurs ou ses décisions parfois douteuses, en regardant les choses comme qu’elles sont, on peut tout de même conclure que Marc Bergevin semble avoir fait du mieux qu’il a pu pour aider son équipe sans sacrifier l’avenir, lui qui sera toujours resté fidèle à cette philosophie de gestion. Il a acquis un des meilleurs défenseurs de la LNH en Shea Weber, un excellent jeune attaquant québécois en Jonathan Drouin et a limogé son entraîneur Michel Therrien pour en embaucher un autre avec un bagage d’expérience impressionnant en Claude Julien. Son seul échec majeur, j’insiste sur le mot majeur, serait d’avoir laissé filé les deux Russes, Radulov et Markov, pour finalement rester « coincé » avec un 8 millions de libre sur la masse salariale, plutôt que de pouvoir compter sur leurs services.

J’aimerais terminer en mentionnant que cet article peut sembler un peu direct envers M. Bergevin, mais je tiens à préciser que depuis qu’il est en poste, j’ai toujours été un fervent défenseur de sa philosophie de gestion qui vise le long terme sans sacrifier le présent et en se construisant une bonne profondeur à la position de défenseur, notamment. Depuis le début, j’adhère à ce principe et je comprends que ses décisions sont faites dans ce but précis, ce plan quinquennal qu’il a mis en place à son arrivée. Plan qui, après maintenant presque 8 ans, est encore et toujours un constat d’échec. Ce n’est pas la fin du monde, le Canadien a eu sa « fenêtre de coupe Stanley », mais comme plusieurs équipes, a été incapable d’aller jusqu’au bout du projet. On s’entend, à la fin des séries, il reste qu’une seule équipe par saison est sacrée championne. Toutefois, la roue continue de tourner et j’espère que Marc Bergevin sera assez humble pour s’avouer vaincu et passer le flambeau à une nouvelle équipe de gestion, de recrutement et de développement, afin de faire du Canadien une équipe glorieuse à nouveau.

 

Crédit photo : rds.ca

Marco Blier Editor
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9 mois
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