Un été qui sera déterminant | Marco Blier

Après plusieurs années d’essais-erreurs et un plan quinquennal qui a finalement pris l’eau, Marc Bergevin se retrouve une fois de plus devant le miroir, non pas à se demander qui est la plus belle, mais plutôt qui pourra bien relancer son club. Nous, j’inclus les partisans, chroniqueurs, journalistes et analystes dans l’équation, nous retrouvons donc face à ce que j’appellerai, avec une pointe d’euphémisme, un point tournant pour l’organisation du Canadien. Autant sur et hors glace, le CH a perdu beaucoup au niveau de l’appréciation des fans au cours des dernières années. On a donc vu la direction prendre un virage empreint de transparence avec un nouveau directeur des communications plus aptes à œuvrer dans l’ère des médias modernes. Il ne reste maintenant plus que le produit sur la patinoire à ramener au goût du jour. Plus facile à dire qu’à faire, hein, Marc ? Je rigole, bien entendu. Si vous croyez que gérer une équipe de la LNH est aussi simple qu’au bon vieux « NHL 18 », vous vous foutez le doigt à la mauvaise place, la réalité étant beaucoup plus difficile que le degré de difficulté « superstar » du jeu vidéo.

Pour revenir à ce que je tentais de dire, le Canadien se trouve présentement devant un point tournant de leur avenir pour les prochaines années. À mon avis, la direction que l’organisation prendra cet été, tant au niveau des transactions, du repêchage et des agents libres, en dira long sur comment le futur de l’équipe sera. Le choix de la direction à prendre dépendra beaucoup de l’évaluation que la direction fait de ses joueurs, ses espoirs, ses rivaux et de son équipe d’entraîneurs. Pour moi, Marc Bergevin et son équipe auront donc trois options pour ce qui est de la direction à prendre :

1 – « All-in »

L’option « all-in » se base sur un raisonnement qui croit en la prémisse que la saison dernière du club n’était qu’un faux pas et que l’équipe en place, avec l’ajout de quelques pièces manquantes, est aspirante à la coupe Stanley, soit en vue de la prochaine saison ou la suivante. Ce n’est pas l’évaluation que je fais du club, mais elle a quand même du sens. Le club est composé d’un des trois meilleurs gardiens de la LNH en Carey Price, qui, à lui seul, peut amener son équipe en séries et d’un des meilleurs défenseurs et leaders du circuit en Shea Weber, qui, une fois en santé, pourra « trainer » la brigade défensive sur son dos. Jusqu’à présent, si on évalue le club de cette façon, il ne manque que des buts pour avoir un club compétitif. À ce chapitre, il y aura plusieurs options disponibles cet été pour améliorer l’attaque du club. Premièrement, repêcher soit Zadina ou Svechnikov aidera assurément le top 6 du Canadien, ayant tous deux un potentiel offensif phénoménal en plus d’être « NHL ready ». Deuxièmement, John Tavares. Troisièmement, si le plan Tavares, pour une raison ou une autre, ne peut se concrétiser (ce qui est très probable, mais n’embarquons pas dans cette discussion), il reste des joueurs tels que Stastny, Perron ou van Riemsdyk pour venir donner du piquant à l’offensive fade du CH. La ligne de pensée « all-in » pourrait aussi bien expliquer la réalisation d’un autre échange monstre à la Drouin-Sergachev ou Subban-Weber. Avec Bergevin, attendez-vous à l’inattendue, lui qui nous habitue de plus en plus à sortir un lapin de son chapeau (parfois même un blaireau).

Si l’option « all-in » vous parait toute droite sortie d’un film de science-fiction, je vous invite à considérer la deuxième option :

2 – La « semi-reconstruction »

La semi-reconstruction s’inspire de la reconstruction complète, en étant toutefois à plus petite échelle. Elle implique donc que certains, et non pas tous, des éléments importants du club seront transigés afin de changer quelque peu la mentalité de l’équipe et de secouer les joueurs en place. Cette option amène donc des idées comme échanger Max Pacioretty, Alex Galchenyuk ou Karl Alzner, sans toutefois toucher aux vrais piliers de l’équipe, Shea Weber et Carey Price. Ironique de ne pas inclure Pacioretty dans les « vrais » piliers de l’équipe puisque c’est lui qui arbore (peu) fièrement le « C » … Bref. Cette ligne directrice laisserait donc croire que la direction du CH pense avoir quelques éléments d’une équipe championne, mais qu’il reste tout de même beaucoup de travail à faire, voyant ainsi les chances du club d’être compétitif pour la coupe Stanley dans une période allant de 3 à 6 ans. Le but de cette « semi-reconstruction » serait donc d’aller chercher quelques choix intéressants dans les prochains repêchages, incluant celui qui arrive à grands pas, mais pas à n’importe quel prix et pour n’importe quel joueur. Il implique aussi d’avoir une bonne confiance en l’équipe de développement des jeunes joueurs afin de faire éclore de jeunes vedettes provenant des dits-repêchages. Avec Joël Bouchard en place à Laval, je crois fermement que le développement des jeunes s’améliorera grandement. C’est pour ma part le plan ayant le plus de sens; il faut profiter de Carey Price au sommet de son art et de Shea Weber tant qu’il est encore capable de patiner, mais la banque de jeunes prospects est trop mince pour subvenir aux besoins criants de l’équipe et il est impératif de prendre quelques saisons pour la regarnir afin de revenir en force.

Pour les plus anarchistes et les plus patients, je vous présente la dernière option :

3 – On efface et on recommence

Non, il ne s’agit pas ici de mettre une couche de peinture fraîche dans votre cuisine et changer quelques électroménagers et d’appeler ça un « méchant changement ». Ici, on parle plutôt de tout saccager, de redéfinir les pièces et monter de nouveaux murs. Je parie que vous le voyez venir : une reconstruction complète de la sorte impliquerait un été drastique sur l’île de Montréal. En effet, si le CH opte réellement pour une reconstruction complète de A à Z, attendez-vous à ce que tout joueur ayant plus de 26 ans soit relocalisé. Oui oui, même Price et Weber. En fait, si on suit ce plan de match, ils représenteraient les deux premiers départs, tout simplement parce qu’ils ont la meilleure valeur sur le marché des transactions, de même pour capitaine Max. Le but ici serait d’emmagasiner le plus de choix en vue des deux prochains repêchages, développer de jeunes talents et mettre une équipe compétitive qui, espérons-le, deviendra une dynastie de l’ère moderne telle que les Hawks ou les Penguins, dans une fenêtre de 6 à 10 ans. Ça peut vous sembler extrême, j’en conviens, mais c’est la solution qui assurerait un meilleur avenir pour le club, monnayant quelques années auprès des Sabres et des Red Wings dans les bas-fonds du classement général de la LNH. C’est un pensez-y-bien, mais je crois que le CH n’y perdrait pas au change. Toutefois, je crois qu’il est impensable pour un club comme Montréal, dans un tel marché sportif, de tenter cette expérience.

Quoique les Leafs l’ont bien fait, eux…

 

 

 

Crédit photo : PC – Graham Hughes

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