Alexander Edler à Montréal : impératif catégorique? | Charlie Gonzo Phaneuf

Alexander Edler est-il le défenseur le plus sous-estimé de la LNH? Bonne question, Bubba. Certains chevronnés pensent que oui, d’autres préfèrent soulever le fait que les blessures l’auront finalement empêché d’atteindre le Saint-zénith de son potentiel.

Oui, le grand défenseur suédois est blessé, au moment d’écrire ces lignes. Et les médecins croient qu’il ratera encore au moins une semaine d’activité. On le sait, il aura été victime d’une commotion cérébrale; le tout est survenu lors d’une vilaine chute face aux Flyers de Philadelphie, lundi dernier. Edler s’est frappé le visage contre la glace après que son bâton se soit coincé dans l’entre-cloutche de Jakub Voracek – il avait d’ailleurs été escorté hors de la patinoire au moyen d’une civière. M’enfin, là n’est pas la question. Tsé, Edler reviendra au jeu incessamment, c’est un fait acquis. Or, avec son statut de joueur autonome à la fin de la présente campagne; est-il l’athlète qui risque de fournir le meilleur rapport qualité-prix – à son acquéreur – d’ici la date butoir des transactions?

L’auteur de ces lignes croit que oui. Oh oh, il n’irait peut-être pas jusqu’à jouer la totalité de ces REER là-dessus – soit un joli 400 dollars avant impôt –, mais l’espoir qu’un Marc Bergevin l’ait lui aussi dans sa mire persiste. C’est simple, lorsque ce grand défenseur est au paroxysme de son talent, peu d’adversaires peuvent se targuer de déployer une telle combinaison entre la présence physique, la mobilité, sa vision pour les relances, le talent offensif brut dans son baluchon et l’intelligence défensive qu’il opère depuis le début de sa carrière. On parle ici d’un prototype qui ne comporte pas beaucoup de lacunes; un atout indispensable à un échiquier hermétique aussi chétif que celui du Canadien de Montréal. Edler est passé par les bancs d’école suédois. Il patine avec l’aisance d’un Nicklas Lidström, distribue de percutantes mises en échec à la Niklas Kronwall, alimente ses coéquipiers tel un Nicklas Backstrom (à ce rythme il pourrait presque garder les buts comme Niklas Backstrom, l’ex cerbère du Wild), possède un bon lancer – autant des poignets, frappé que sur réception – et il est presque aussi infranchissable dans son territoire qu’un Ulf Samuelsson sur le mauvais côté de sa bipolarité. Bon, on pimente allégrement la sauce, ici, mais n’oubliez pas qu’on essaie de vendre l’idée à notre ami Marc Bergevin – il lit régulièrement cette tribune sportive, on nous rapporte l’info en prime.

À sa treizième saison dans la Ligue, Edler affiche cinq buts et 15 mentions d’assistance en 32 joutes, en plus d’un respectable ratio de +3, 109 tirs bloqués et 80 mises en échec. Tout ça avec les moribonds Canucks. Du gros stock, on s’entend là-dessus. Mais le plus important : il est gaucher, diantre!

Well, le quart-arrière sera agent libre à la fin de la saison. Les Blue in Green (clin d’œil à Miles Davis) sont présentement qu’à un seul point d’une participation aux Séries Minatoires, certes, sauf que les équipes qui s’amènent dans le rétroviseur ont les ressources nécessaires afin de les supplanter avant le dernier coup de sifflet saisonnier. Oui, l’Avalanche du Colorado et les Black Hawks de Chicago, entre autres, sont parmi les formations qui pousseront vers le haut du classement avec la véhémence d’un Bob Probert – à son apogée – face à une bastonne sanglante, ou comme des hyènes vicieuses face à une carcasse fraîche. C’est vous dire. Le prix pour un tel outil pourrait donc s’avérer (hypothétiquement) très alléchant. Un choix de deuxième ronde? Charles Hudon en prime? On jase.

Rhum maudit, comment ne pas penser que Alexander Edler n’est pas la pièce manquante au CH afin d’espérer à un Monde meilleur lors de la prochaine danse printanière? Attention, votre humble serviteur ne dit pas que Montréal sera comptée comme une ville aspirante aux grands honneurs chez les bookies de Las Vegas. Non, bien sûr que non. Cependant, l’objectif de passer une ronde stimule la ville. Et, après tant de vibrations allègres chez les fans en début de moisson, parions qu’une fin simili walt-disnesque serait le meilleur moyen, pour les têtes dirigeantes, d’enterrer pour de bon le Sherwood de Damoclès qui pend au-dessus de la galerie de presse.

D’un autre côté, certains coachs de salon suggèrent que Marc Bergevin devrait sacrifier l’un de ses meilleurs appâts (Nick Suzuki, Ryan Poehling, Alexander Romanov ou même Youppi – il est tout de même allé au match des étoiles, oh!) afin d’acquérir les services d’un jeune défenseur déjà pseudo-élite tels que Esa Lindell ou Ryan Murray. Aha! Toujours cette bonne vieille mentalité à la Brian Burke d’aller sacrifier le futur. Ma parole, aucune patience; pire qu’un Ed Belfour en vadrouille devant une bouteille de Wild Turkey et un album de Pantera en air de fond. Comprenez, les nouvelles réalités de succès chez la LNH passent par la jeunesse. Le Canadien est mieux positionné que jamais sur le plan de l’avenir et de sa situation financière. Inutile de tout gâcher avec un échange qui mettrait ce beau futur rempli d’espoir en péril. Par contre, on veut tout de même profiter de la manne passagère; ça ne prend pas la tête à Gaston Therrien pour anticiper le prochain coup.

Au final, l’ajout d’un Alexander Edler contre un choix de repêchage de second ordre et un petit ajout – afin de s’assurer ses services – serait un scénario idéal afin de commencer à pomper Ginette Reno sur la guarana et la glucosamine, question qu’elle soit prête à une frénésie de playoffs qui s’allonge juste un peu plus longtemps que prévu. Pourquoi pas? La troupe de Claude Julien a démontré qu’elle était soudée. Qu’elle avait du caractère et que le système de jeu passait avant les honneurs individuels. Ajoutez à cela le meilleur gardien de la Galaxie (je vous défie de me faire changer d’avis) dans l’équation, un peu d’opportunisme offensif, un quatrième trio qui grignote le pauvre derrière meurtri des défenseurs adverses, un Alexander Edler revigoré par la passion-hockey et, hop, nul besoin d’être un mormon afin d’y croire avec un positivisme démesuré.

Question : qui veut venir colorier des logos du Canadien avec des couleurs pastelles, chez moi?

Publié
4 semaines
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Canadiens
Commentaires
1 Comment

One comment on “Alexander Edler à Montréal : impératif catégorique? | Charlie Gonzo Phaneuf

  1. François Dansereau-Laberge

    Si ça arrive mon Charlie je le rebaptise Niklauss Edler en honneur aux références de ton article 😉

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