Du mouvement chez les Canadiennes | Charles Bussières-Hamel

Les Canadiennes de Montréal se sont trouvées un nouveau domicile. Elles déménagent à la Place Bell de Laval pour la saison 2018-2019. L’équipe y disputera son match d’ouverture contre l’Inferno de Calgary le samedi 13 octobre dans le cadre d’un programme double partagé avec le Rocket de Laval. Le Bleu Blanc Rouge répétera l’expérience le 23 février lors de la visite des championnes en titre, le Thunder de Markham. Dans les deux cas, les détenteurs de billets pour le Rocket pourront rester dans l’amphithéâtre et assister gratuitement à ces deux affrontements. Les amateurs devront être attentifs au calendrier car les matchs locaux sont répartis dans plusieurs amphithéâtres : la deuxième glace à Laval, au Complexe Bell de Brossard ainsi qu’à l’aréna Michel-Normandin du complexe Claude-Robillard.

Les Canadiennes éliront domicile à la Place Bell pour la saison 2018-2019.

Les entraînements se dérouleront à Laval là où les Canadiennes disposent de leur propre vestiaire ainsi qu’un accès à toutes les facilités dont bénéficient le Rocket. L’entente prévoit aussi l’utilisation d’espaces de bureau, tout l’aspect administratif sera géré à Laval. En principe, il s’agit de la dernière saison au cours de laquelle les montréalaises n’auront pas de domicile fixe. À partir de 2019-2020, elles feront de l’auditorium de Verdun leur nouvelle maison. Le vétuste aréna est présentement en rénovation.

Mouvement de personnel

Un peu plus tôt cette semaine, l’équipe annonçait le départ de plusieurs joueuses. Parmi celles-ci, on notera cinq arrières dont quatre qui occupaient un poste régulier en 2017-2018.

La meilleure pointeuse chez les défenseures et treizième toute position confondue dans l’histoire de la Ligue Canadienne de Hockey Féminin, Cathy Chartrand, accroche ses patins après six saisons passées dans l’uniforme Bleu Blanc Rouge. À 37 ans, elle était toujours dominante la saison dernière comme en font foi son titre de défenseure de l’année et ses 23 points en 28 matchs. Chartrand conclut sa carrière avec 122 points en 144 matchs, deux titres de défenseure de l’année (2013-14 et 2017-18) et une Coupe Clarkson (2017).

Cathy Chartrand conclue une belle carrière au premier rang des pointeuses chez les défenseurs dans l’histoire de la LCHF.

Issue de l’Université Cornell, Cassandra Poudrier ne jouera que deux saisons dans l’uniforme des Canadiennes. C’est une blessure subie en fin de saison dernière qui met un terme à sa carrière. Dixième choix au total du repêchage de 2016, elle s’impose rapidement comme une valeure sûre en défensive. Dany Brunet l’utilisait régulièrement en compagnie de Chartrand contre les meilleurs trios adverses.

Malgré une saison recrue encourageante, Laurence Beaulieu a décidé de se consacrer à sa carrière professionnelle. Repêchée au onzième rang en 2017, elle se taille un poste dans la brigade défensive grâce à son travail défensif. L’ex-Carabins ne pensait même pas pouvoir marquer l’hiver dernier : « Sincèrement, je pensais que je ne marquerais jamais. Je suis une défenseure défensive alors quand on se fait pas marquer, je fais ma job! »

Natalie Barrette n’aura joué qu’une seule saison dans la LCHF. Sélectionnée au 18ème rang en 2017, elle se taille un poste régulier avec le Bleu Blanc Rouge et participe aux 28 matchs de saison régulière et aux deux en séries. Elle retourne à l’Université de Windsor comme entraineure-adjointe, endroit où elle a étudié.

Le départ de ces deux recrues démontrent la réalité du hockey féminin. Les filles sont des passionnées mais comme la rémunération ne dépasse pas quelques milliers de dollars par saison, il devient difficile de concilier la vie professionnelle et le hockey.

La japonaise Nachi Fujimoto a opté pour poursuivre sa carrière avec le Färjestad BK en Suède. Évoluant comme septième défenseure en début de saison, elle perd son poste suite à l’arrivée d’Erin Ambrose en décembre. Fujimoto avait été acquise dans une transaction avec les Blades de Boston l’an dernier.

À la fin août, les Canadiennes ont mis l’accent sur la défensive lors du repêchage de la LCHF en sélectionnant six défenseures. Ce qui semblait un peu surprenant est beaucoup plus clair maintenant. Quatre de ces choix auront l’occasion de se mettre en évidence et de se mériter un poste au camp d’entraînement :

– Taylor Willard, quatrième ronde, Université du Vermont

– Catherine Daoust, cinquième ronde, Université de Duluth-Minnesota

– Marie-Joëlle Allard, sixième ronde, Université Concordia

– Emma Martin, septième ronde, Université de l’Ile-du-Prince-Edouard

Il y aura plusieurs nouveaux visages dans la défensive montréalaise. L’entraîneur Dany Brunet pourra toujours compter sur des piliers comme Erin Ambrose et Sophie Brault ainsi que sur le retour à temps plein de Lauriane Rougeau. Les luttes au camp seront intéressantes à suivre avec quatre postes ouverts.

Des départs en avant aussi

La meilleure buteuse de l’histoire de la LCHF tire sa révérence. Noémie Marin accroche ses patins et se concentrera sur son emploi d’entraîneure de l’équipe de hockey féminine du Collège John Abbott. La joueuse de centre a participé aux quatre conquêtes de la Coupe Clarkson par les Stars/Canadiennes (2009, 2011, 2012, 2017). Encore dominante l’an dernier avec 31 points en 26 matchs, sa retraite a de quoi surprendre. Elle a été l’auteure de nombreuses belles pièces de jeu en attaque en compagnie d’Ann-Sophie Bettez.

Noémie Marin accroche ses patins en trônant au premier rang pour les buts dans l’histoire de la LCHF avec 133.

Reconnue pour son ardeur au jeu et son travail acharné, Emmanuelle Blais se retire après huit saisons dans l’uniforme tricolore. Elle compte trois coupes Clarkson à son palmarès. Pour ses coéquipières elle était un exemple d’intensité et d’éthique de travail, un aspect difficile à remplacer. Son franc-parler et ses expressions colorées faisaient le bonheur des journalistes affectés à la couverture de l’équipe comme en fait foi cette citation après une cinglante victoire de 14-0 contre les Rays de Vanke : « Honnêtement si j’étais eux, je voudrais nous défoncer. Elles ont une journée de pause, si elles pratiquent, elles pourront retravailler leur système. »

Premier choix du repêchage 2016 par les Blades de Boston, Kayla Tutino quitte après deux saisons dans la LCHF. Suite à une saison à Boston où elle démontre de belles aptitudes, la native de la région de Montréal rentre à la maison lorsque Meg Hewing fait son acquisition à l’été 2017. Tutino termine sa carrière avec 21 points en 52 matchs.

Les deux attaquantes françaises, Marion Allemoz et Lore Baudrit ont choisi de poursuivre leur carrière en Europe. De son côté Erinn Noseworthy tentera de se tailler un poste avec les Furies de Toronto.

Les olympiennes en renfort

Il n’y a rien à craindre par rapport à l’offensive en vue de la prochaine saison. Le visage de l’unité sera différent, certes, mais le talent toujours omniprésent.

Marie-Philip Poulin revient dans l’uniforme Bleu Blanc Rouge après une absence d’un an pour vivre une autre expérience olympique. L’athlète de Beauceville est l’une des meilleures joueuses au monde et ses statistiques dans la LCHF le démontrent : 134 points en 67 matchs. Il ne lui manque que 20 points pour entrer dans le top5 de l’histoire de la ligue

La vedette américaine Hilary Knight sera de retour pour la saison 2018-2019, elle qui s’était jointe aux Canadiennes à la fin de la saison dernière. Même si elle n’a pas accumulée beaucoup de points lors des trois matchs qu’elle a joué, Knight a démontré l’étendu de son talent à plusieurs reprises y allant de superbes séquences. Si jamais ça clique avec Marie-Philip Poulin, on verra des buts à profusion!

L’acquisition d’Hilary Knight représente un coup de maître de la DG Meg Hewing.

Choix de première ronde en 2017 des Canadiennes, Mélodie Daoust jouera finalement avec sa nouvelle équipe en 2018-2019. Une recrue qui possède deux expériences olympiques? Tous les entraîneurs en prendraient une demi-douzaine. Daoust fut l’une des meilleures attaquantes canadiennes à PyeongChang avec 7 points en 5 matchs. L’ex-capitaine des Martletts de McGill a maintenu une moyenne supérieure à deux points par match lors de son séjour universitaire.

Jillian Saulnier s’est amenée à Montréal via une transaction en provenance de Calgary au mois d’août. L’attaquante de 26 ans a obtenu 40 points en 42 matchs avec l’Inferno. L’hiver dernier, elle était centralisée avec l’équipe olympique canadienne. Elle a obtenu deux points en cinq matchs à PyeongChang. La native d’Halifax ajoute à l’arsenal offensif des Canadiennes. Saulnier a joué son hockey universitaire à la prestigieuse université Cornell où elle accumula 195 points en quatre saisons.

Geneviève Bannon n’est peut-être pas une olympienne mais ce deuxième choix au dernier repêchage pourrait devenir une pièce importante de l’attaque montréalaise. Diplômée de l’Université Clarkson où elle a obtenu 150 points en 160 parties, elle a évolué en Suède la saison dernière avec le Göteborg HC. Il s’agira d’une deuxième saison « professionnelle », une première en Amérique du Nord, pour la native de Châteauguay.

Il ne faudrait pas oublier l’arrivée de la gardienne Geneviève Lacasse qui viendra épauler Emerance Maschmeyer. Avec un tel duo devant le filet, Dany Brunet optera probablement pour le système d’alternance en début de saison. Étant deux athlètes pouvant jouer le rôle de numéro un, les gardiennes devront se montrer intraitables devant le filet pour obtenir du temps de jeu. Lacasse a eu l’opportunité de jouer un match lors des derniers jeux olympiques dans lequel elle n’alloue qu’un but. L’athlète de 29 ans en sera à une sixième saison dans la LCHF.

Maschmeyer occupait le rôle de numéro un pour la première fois de sa carrière en 2017-2018. Elle s’est imposée comme une des meilleures de la profession avec 18 victoires en 23 parties tout en conservant une moyenne de buts alloués de 1,78. Catherine Herron, qui jouait le rôle de réserviste l’an dernier, accroche ses jambières au terme d’une carrière durant laquelle elle contribua aux championnats de 2009, 2012 et 2017 des Canadiennes. La gardienne de 35 ans présente une fiche de 36 victoires et 12 défaites dans la LCHF.

En mode préparation

Le camp d’entraînement a officiellement débuté le 18 septembre lorsque les joueuses ont dû se soumettre aux tests physiques à l’Institut National du Sport au Stade Olympique. Le premier entraînement, le 20 septembre, faisait suite à l’annonce du déménagement à la Place Bell de Laval. La majorité des joueuses présentes devraient rester dans l’entourage de l’équipe au terme du camp. Quatorze attaquantes, huit défenseures et cinq gardiennes sont en compétition. C’est principalement devant le filet qu’il y a congestion et la lutte se fera pour la chaise de numéro trois.

En plus des cinq entraînements prévus, les Canadiennes disputeront trois matchs hors-concours contre des équipes universitaires de Montréal :

Dimanche, 23 septembre VS Stingers de Concordia – Aréna Michel-Normandin, Montréal 14h30

Jeudi, 4 octobre VS Carabins de l’UdeM – CEPSUM, Montréal 19h30

Vendredi, 5 octobre VS Martlets de McGill – Aréna Michel-Normandin, Montréal 19h30

L’admission est gratuite aux deux matchs présentés à l’aréna Michel-Normandin.

Crédit photo : Les Canadiennes / Céline Gelinas – LCHF /  Shanna Martin – Eyez On The Prize / NHL / Shanna Martin – Eyez On The Prize

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