Le CH devrait-il retirer le «C» à Pacioretty ? | Marco Blier

Au début de la saison 2015-2016, le Canadien de Montréal est toujours à la recherche d’un capitaine. En effet, à la suite du départ de Brian Gionta à la fin de la saison 2013-2014, le CH se retrouve à devoir sélectionner un nouveau capitaine. C’est alors qu’un processus s’enclenche, menant ainsi l’équipe à avoir quatre assistants durant la saison 2014-2015, pour ensuite nommer, par vote des joueurs, Max Pacioretty à titre de 29e capitaine de l’histoire des Canadiens. Ce jour-là, Pacioretty entra donc dans la légende des Richard, Muller, Savard, Cournoyer, Béliveau et compagnie.

Ce fut un choix quelque peu controversé, alors que P.K Subban était l’autre option pour les joueurs à ce moment, lui qui avait justement donné 10 millions de dollars à l’hôpital pour enfant l’été avant la sélection d’un nouveau capitaine (je n’enlève rien au geste, je remémore simplement le contexte). Je ne veux pas repartir un débat, mais on entendait souvent dire que le vestiaire était séparé en deux à cette époque, soit entre Pacioretty et Subban, les deux leaders du moment. Que cette information soit vraie ou fausse, c’est finalement Pacioretty qui fut nommé capitaine par ses coéquipiers, alors que Subban fut échangé par la suite.

Ceci dit, nous voilà maintenant à la quatrième saison de Pacioretty à titre de capitaine des Canadiens de Montréal. Eh oui, le temps passe vite. Si on avait à en faire un petit bilan rapide, on ne se tromperait probablement pas en disant que Max Pacioretty n’est pas le meilleur leader que le CH a eu à titre de capitaine dans les dernières années. Son équipe étant sur le point de rater les séries à deux reprises lors des trois dernières années, la pression s’accentuant de plus en plus sur sa production et son rôle au sein de l’équipe, une équipe médiatique à ses trousses et une vie de famille qui prend de l’importance, on peut dire que le numéro 67 en a beaucoup à gérer par les temps qui courent. Chanceux dans sa malchance, Pacioretty peut profiter d’un repos loin de cette sphère stressante de sa vie alors qu’il soigne une blessure qui le tient présentement à l’écart du jeu.

Un vent de changement

Il est donc évident que l’équipe a présentement besoin d’un changement important pour reprendre du poil de la bête et se sortir du trou qu’elle est en train de se creuser. Beaucoup d’analystes et de partisans demandent un changement au niveau de l’administration de l’équipe, le DG Marc Bergevin étant leur cible de choix. Pour ma part, bien que je croie qu’un tel changement pourrait être bénéfique, je crois aussi qu’un changement de capitaine viendrait à point pour cette équipe qui semble perdue, menée par un capitaine qui en a évidemment beaucoup trop sur les épaules. Que la décision vienne de lui-même ou bien de l’organisation m’importe peu, l’important est que quelqu’un dans l’entourage de l’équipe en vienne à l’évidence que Pacioretty n’a plus les capacités d’assurer ce rôle, impactant ainsi les performances de son équipe. Ce n’est pas un reproche à l’attaquant américain, mais simplement une prise de conscience que l’organisation et lui-même on à faire pour en arriver à la conclusion qu’il lui serait profitable de retirer le « C » de son chandail. Ainsi, quelqu’un de plus habileté dans l’équipe à prendre cette responsabilité pourrait le faire comme il se doit.

D’un écran à un autre, je sens votre septicité à un tel changement, vous demandant comment une équipe peut bien réagir à ce genre d’événement, le poste de capitaine étant presque sacré dans la LNH, surtout pour une équipe aussi glorieuse (l’est-elle encore ?) qu’est le Canadien de Montréal. Voici donc deux exemples récents qu’un changement de capitaine peut être profitable.

Deux exemples réussis

Sharks de San Jose | Joe Thornton

Au même moment de la nomination de Pacioretty à Montréal, soit au mois de septembre 2015, les Sharks retiraient le titre de capitaine à «Big Joe» pour le remettre à Joe Pavelski, qui avait mené son équipe en points la saison précédente avec un impressionnant total de 70 points. À ce moment, je me souviens avoir trouvé ce changement étrange, puisque Thornton avait été capitaine de l’équipe depuis la saison 2010-2011. À ma grande surprise, on peut dire que le changement de capitaine a fait du bien à l’équipe, qui a perdu en finale de la coupe Stanley la même année du changement, alors qu’elle avait raté les séries l’année précédente. Peut-être est-ce une simple coïncidence, mais je crois que cet événement à fouetté les troupes. D’un point de vue personnel, on peut dire que le retrait du « C » à Thornton lui a fait le plus grand bien, réalisant une de ses meilleures saisons en termes de points, avec un impressionnant total de 82 points, un sommet qu’il n’avait jamais atteint alors qu’il occupait le poste de capitaine des Sharks. Voici donc un bel exemple d’une situation de destitution qui a été profitable à l’équipe et au joueur impliqué.

Kings de Los Angeles | Dustin Brown

À l’été 2016, les Kings de Los Angeles remplaçaient leur capitaine depuis 2008, l’attaquant Dustin Brown, par leur joueur de centre étoile Anze Kopitar. Les deux dernières saisons ayant été difficiles pour Brown avec seulement 11 buts à chacune d’elle, l’organisation a décidé que Kopitar était prêt à prendre la relève, enlevant ainsi la pression à Brown. C’est donc présentement la deuxième saison de Kopitar à titre de capitaine des Kings. Pour l’instant, on ne peut pas dire que l’équipe a bien répondu à ce changement, ratant les séries la saison dernière et occupant présentement une place en séries éliminatoires dans une course aux séries des plus serrées dans l’Ouest. Toutefois, sur un plan personnel, on peut dire que Dustin Brown a su profiter de cette destitution, lui qui est en voie de connaitre une des meilleures saisons de sa carrière avec 48 points, dont 21 buts en seulement 71 matchs. Ses performances se sont donc améliorées depuis qu’il n’a plus la responsabilité d’être le capitaine de son équipe. Quant à Kopitar, il performe encore à un niveau élite, lui qui a présentement 80 points en 72 matchs. Le rôle de capitaine ne l’empêche donc pas, pour l’instant, d’inscrire son nom au pointage. L’échantillon reste certes petit dans le cas des Kings, mais on peut dire que ce changement a été profitable jusqu’à maintenant.

 

En voyant les impacts positifs que ces changements ont eus sur les joueurs impliqués ainsi que sur les équipes, on pourrait penser qu’il est temps d’en venir au même point chez le Canadien de Montréal. Si la situation se concrétise, il est important de penser à qui pourrait prendre la relève, car je ne crois pas qu’avoir quatre assistants et aucun capitaine ne soit la solution, surtout pour une équipe qui se cherche comme le CH en ce moment. Le prochain capitaine devra donc amener une identité à l’équipe et un leadership impressionnant pour remettre l’équipe sur les rails dès la saison prochaine. Voici donc les candidats potentiels.

Les candidats potentiels au titre de capitaine

Shea Weber

Weber est un des plus grands leaders du circuit, autant l’a-t-il été pour les Prédators pendant de nombreuses saisons, mais aussi pour l’équipe olympique canadienne lors des JO de Vancouver en 2014, alors qu’il arborait fièrement le «A» aux côtés du capitaine Sidney Crosby, et à la plus récente Coupe du monde de hockey, où il a aussi été nommé assistant-capitaine au numéro 87 des Penguins. Weber a donc un solide bagage d’expérience dans la LNH et au niveau international, en plus d’un leadership incontesté auprès de ses coéquipiers. Bref, sa nomination au titre de capitaine ne serait contestée par personne, lui qui serait effectivement le choix logique. Toutefois, un jeune attaquant pourrait bien lui faire bonne guerre dans cette compétition au titre potentiellement vacant de capitaine…

Brendan Gallagher

Il s’agit bien sûr de Brendan Gallagher. Le fougueux et talentueux attaquant du CH ne recule devant rien, gagnant ainsi respect et amour des partisans, de ses coéquipiers et des autres joueurs de la LNH, même si plusieurs ne l’aiment pas particulièrement, notamment les gardiens de but et les officiels. Menant son équipe au chapitre des points cette saison, Gally s’impose et redouble d’ardeur chaque soir, même si la saison est presque mathématiquement perdue pour le bleu-blanc-rouge. Ses efforts et son énergie pourraient bien lui valoir le titre de capitaine si le CH finit par le retirer à Max Pacioretty ou s’il le remet lui-même à la direction. Certains diront probablement que le choix logique aurait été Weber, mais il reste que Gallagher a toutes les aptitudes d’un leader naturel et que de toute façon il sera capitaine du CH un jour. Il représente en grande partie l’avenir de ce club et je crois qu’on peut dire sans se tromper qu’il a le logo tatoué sur le cœur.

 

 

Crédit photo : NHL.com

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