Pourquoi ne pas protéger Price?

J’ai été très surpris lorsque je regardais la liste des joueurs protégés par les équipes de la LNH en vue du repêchage d’expansion. En fait, ce n’est pas la liste des joueurs protégés qui a retenu mon attention, mais plutôt les noms qui brillaient par leurs absences qui m’ont sauté aux yeux en premier lieu.

Ces noms-là, il y en avait une dizaine. Vladimir Tarasenko des Blues de St-Louis, je m’y attendais un peu à cause des rumeurs qui circulent depuis quelques mois déjà face à un éventuel départ. Matt Murray des Sénateurs aussi vu l’émergence de la recrue Filip Gustavsson. Le capitaine de l’Avalanche Gabriel Landeskog, celui des Flames Marc Giordano ainsi que le nom de Max Domi m’ont quand même étonné.

Cependant, Carey Price est un gardien de but élite, et ce, même s’il fêtera ses 34 ans le mois prochain. Pourquoi ne pas protéger Price?

Une stratégie en vue du repêchage?

Le choix de ne pas protéger Price est, à la surface, peu évident à comprendre. Il y a quelques facteurs qui ont pesé dans cette décision.

L’état-major du CH a décidé de protéger Jake Allen. Pour faire ainsi, ils ont demandé à Price s’il voulait lever sa clause de non-échange incluse dans son contrat pour le repêchage d’expansion seulement, ce qu’il a accepté de faire. Seattle n’aurait donc pas le luxe de l’échanger par la suite, un peu à la Golden Knights de Vegas en 2017, pour tenter d’acquérir d’autres atouts et choix au repêchage.

Il seraient forcés de le garder et ainsi de payer son lourd salaire de 10,5M$ annuellement, un poids salarial imposant vu la situation financière du cap salarial stable pour les prochaines saisons. En fait, il est l’un de seulement deux gardiens de but à gagner 10M$ ou plus par année (Sergeï Bobrovsky des Panthers gagne 10M$ par année jusqu’en 2026).

On a ensuite appris que Price est victime de plusieurs blessures qui pourraient lui faire manquer beaucoup de temps de jeu lors de la saison 2021/22, ce qui pourrait dissuader le Kraken de le sélectionner.

Une stratégie audacieuse?

Protéger Allen peut s’avérer un choix judicieux. Advenant que Price soit sélectionné, 10,5M$ en moins sur la masse et un gardien plus que capable de se tenir debout comme partant, en santé et plus jeune serait bénéfique pour le Canadien.

Cependant, Price et le CH ont beaucoup à gagner si le scénario de la haute direction se déroule comme prévu et que le Kraken décide de se passer de ses services. Oui, la santé est un gros facteur, mais prenons une pause et analysons quelque chose de différent, soit le rendement des gardiens de but de 34 ans et plus au cours des 20 dernières années.

Un gardien de but prend toujours plus de temps à se développer et c’est normal car il n’y a de la place que pour deux gardiens de but dans une organisation de la LNH. Cependant, des gardiens plus âgés ont tendance à se hisser parmi les meilleurs gardiens de but année après année.

Après quelques recherches rapides, j’ai constaté que depuis 2001, sept fois un gardien âgé de 34 ans et plus a remporté le trophée Vézina. Preuve à l’appui, il y a à peine deux semaines, Marc-André Fleury l’a remporté pour la première fois de sa carrière à l’âge de 36 ans.

Voici les gardiens de 34 ans ou plus récipiendaires du trophée Vézina depuis 2001 :

  • Dominik Hasek (2001, 36 ans)
  • Martin Brodeur (2007 et 2008, 34 et 35 ans)*
  • Tim Thomas (2009 et 2011, 34 et 36 ans)
  • Pekka Rinne (2018, 35 ans)
  • Marc-André Fleury (2021, 36 ans)
  • *À noter que Brodeur a terminé troisième pour les votes du Vézina en 2010 à l’âge de 37 ans

Si sa convalescence et remise en forme se déroule comme prévu et que Price soie en mesure de revenir dans la même forme qu’en 2015 par exemple, le Canadien pourrait regretter de ne pas l’avoir protégé advenant qu’il soit sélectionné par le Kraken. L’histoire nous a appris qu’un gardien plus âgé ne veut pas dire nécessairement un gardien sur la pente descendante, 10,5M$ par année ou non.

Par contre, si le DG du Kraken Ron Francis décide de passer l’occasion de le sélectionner, ce serait comprenable. Les éléments mentionnés plus haut ainsi que les rumeurs quant à la signature du gardien Chris Driedger (3 ans, 10,5M$) laissent croire que Seattle pourrait se tourner vers un autre gardien.

Il ne faut rien prendre pour acquis par contre. Après l’année tumultueuse vécue par tous et toutes, ce repêchage d’expansion a des allures de boîtes à surprises et plusieurs décisions pourraient s’avérer la bonne pour chaque camp. Ce sera à suivre le 21 juillet.

 

 

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