Qui vendra et qui achètera en 2018 ? | Marco Blier

La date limite des transactions est toujours un fort temps de l’année chez un sportif de salon. Je ne sais pas pour vous, mais je suis l’un de ceux qui se lève tôt, prend congé au boulot et s’arme de patience lors de la journée de la date limite des transactions dans la LNH, juste pour voir « alerte transaction » s’afficher dans l’écran de la télévision et entendre la grinçante voix du chaleureux commissaire Bettman dans ma tête qui dit : « We have a trade to announce ». Cette année, la date à encercler dans notre calendrier est le 26 février. Je vous laisse deux minutes pour aller l’encercler sur votre calendrier virtuel. C’est fait ? Excellent ! Continuons, dans ce cas. Un peu à l’image de la bourse, le marché des transactions change chaque année. L’offre et la demande, tout simplement. Lorsque plusieurs joueurs de talent sont affichés avec un insigne « à vendre », l’offre approche la demande, le prix est donc à la baisse. L’inverse étant aussi vrai. Comme c’est souvent le cas dans la LNH, peu de joueurs de talent seront disponibles cette saison. Quoique…

Si on regarde le classement général, on constate que bien des équipes pourront, malgré eux, se retrouver dans la chaise du vendeur, ce qui fait en sorte que plusieurs joueurs pourraient se retrouver sur le marché des transactions, advenant le cas que leur équipe décide de hisser le drapeau blanc sur la saison 2017-2018. Voici donc mon top 3 des vendeurs pour la date limite des échanges 2018, ainsi que les joueurs les plus attrayants risquant de se voir être offerts à d’autres équipes :

  1. Buffalo – Après avoir changé le directeur général ainsi que l’entraîneur la saison dernière, les Sabres de Buffalo, même s’ils possèdent un bon groupe de joueurs, se retrouvent à l’avant-dernière place du classement général, tout juste devant les piteux Coyotes, qu’on devrait renommer en Renards boiteux. Plus sérieusement, on peut s’attendre à de grands changements à Buffalo, un club qui devrait logiquement s’afficher en tant que vendeur en vue du 26 février prochain. Qui pourrait partir ? Idéalement, tout le monde qui ne s’appelle pas Jack Eichel. On sait que Evander Kane pourrait être un candidat intéressant pour bien des équipes, mais on peut également ajouter le nom du jeune attaquant Sam Reinhart, dont le club a laissé savoir la disponibilité récemment. Je doute fort que ces deux joueurs n’attirent pas l’attention des équipes prétendantes à la coupe Stanley en vue des séries éliminatoires. Josh Georges pourrait aussi changer d’adresse, lui qui en est à la dernière année d’un contrat lui rapportant 3,9 millions de dollars annuellement.
  2. Arizona – Un choix décevant, mais inévitable. Les Coyotes sont bons derniers cette saison, comme la saison dernière, l’autre, et l’autre… Cependant, il semble que Chayka veut changer les choses cette année, en ayant fixé un prix pour son défenseur étoile Oliver Ekman-Larsson. Le prix serait de deux joueurs actifs de premier plan ainsi qu’un choix de première ronde dans l’excellent repêchage de cette année. Il est à noter que le défenseur Niklas Hjarmalsson serait lui aussi disponible, au bon prix. Les Coyotes tenteront donc, encore une fois, d’accumuler des choix au repêchage afin de rebâtir. À mon avis, si les défenseurs Alex Goligoski et Jason Demers suscitent l’intérêt, ils pourraient aussi avoir à faire leurs valises, si le prix est juste aux yeux de leur directeur général.
  3. Montréal – Évidemment, notre pathétique Canadien national ne peut guère faire mieux que de se mettre dans la position de vendeur s’il veut se voir sortir de cette misère qui l’enlise depuis presque 25 ans. Je ne développerais point davantage sur le cas du Canadien, mon collègue Charlie Phaneuf l’ayant déjà fait avec brio plus tôt cette semaine (c’est à lire ici). À mettre sur la tablette à vendre : Tomas Plekanec, Sylvain Lefebvre, Karl Alzner, Marc Bergevin, Jacob de La Rose, Trevor Timmins, Ales Hemsky, Joe Morrow, Max Pacioretty et peut-être même Carey Price, si jamais l’organisation décide de réellement faire un pas en arrière pour en faire deux, voire même trois, de l’avant. Tout ça, bien entendu, reste à voir.

En faisant le même exercice avec le classement général, on peut vite s’apercevoir que certains clubs sont en bien meilleure position que ce qu’elles avaient envisagé lors de la saison morte, ce qui peut facilement faire changer le titre de « vendeur » pour « acheteur ». Voici donc mon top 3 des acheteurs potentiels en vue de la date limite des transactions 2018 :

  1. New Jersey – Les Devils avaient certainement du chemin à faire après la saison dernière, qui n’a pas été tout à fait comme la direction l’aurait voulu. Cependant, elle leur a permis d’obtenir le tout premier choix au total, le jeune Suisse Nico Hischier, en plus de transiger pour l’attaquant Marcus Johansson avec les Capitals de Washington. Will Butcher vient s’ajouter au noyau de l’équipe, de même que le rapide défenseur Sami Vatanen, lui qui a été acquis récemment. Même une recrue surprise en Jesper Bratt y met son grain de sel cette saison. Tous ces joueurs viennent s’ajouter au noyau composé de Taylor Hall, Cory Schneider et compagnie. Bref, les Devils ont réussi à rassembler un noyau de joueurs intéressants, ce qui leur procure jusqu’à maintenant une place dans les séries éliminatoires. En ce sens, il est certain que faire l’acquisition d’un défenseur de premier plan (comme OEL ou Hjarmalsson, par exemple) pourrait leur être hautement profitable, sans toutefois venir détruire leur solide noyau ni sacrifier trop d’avenir, car pour une fois depuis bien longtemps, il semble rose.
  2. Pittsburgh – Les champions en titre de la coupe Stanley pourraient bien aller décrocher un troisième titre consécutif, notamment en raison de Sidney Crosby, mais aussi de l’apport offensif important de Phil Kessel et d’Evgeni Malkin. Matt Murray tient toujours le fort et Kris Letang se démène du mieux qu’il peut pour inspirer la défensive des Penguins. Ceci dit, ils auront probablement besoin de renforts, puisqu’à un certain point, la fatigue des deux dernières saisons pourrait fortement se faire ressentir chez la troupe de Mike Sullivan. Ça peut paraître étonnant, mais je verrais bien Jim Rutherford aller chercher encore plus de punch en attaque avec l’acquisition d’un certain Evander Kane, qui pourrait évoluer dans un environnement gagnant, ce qui serait bénéfique pour lui (notamment sur son attitude qui laisse à désirer). Sinon, c’est certain qu’un défenseur top 4 ne serait pas de refus, comme à peu près dans toutes les équipes de la ligue, me diriez-vous.
  3. Calgary – Les Flames sont supposés être une grosse machine de hockey, eux qui possède un groupe de défenseurs à en rendre certains jaloux, toutefois, je crois qu’ils leur manquent encore un petit quelque chose pour pouvoir aspirer à la coupe Stanley. Bien sûr, leur offensive, menée par Johnny Gaudreau et Sean Monahan, est certes effrayante, mais manque quelque peu de profondeur. On a bien tenté l’expérience Jaromir Jagr, mais force est d’admettre que ce fut plutôt un échec. Ce faisant, je crois qu’ils pourraient bien être intéressés par un ou deux attaquants de profondeur, ce qui permettrait d’avoir une attaque légèrement plus balancée, et donc, moins prévisible. On peut penser à des joueurs comme Sam Reinhart, qui pourrait clairement bénéficier d’un nouveau départ, ou même à Max Pacioretty, si jamais les Flames veulent payer le gros prix (ce que je doute).

En somme, espérons que la date limite des transactions amène quelques surprises et, au moins, un peu de mouvement de personnel. Il sera intéressant de voir, quelques jours voire semaines avant la date fatidique quelles équipes se déclareront « vendeuses » et lesquelles se déclareront « acheteuses ». À vos cartons, les enchères commencent !

 

 

Crédit photo : nhl.com

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9 mois
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Hockey
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