La Gangrène du Baseball | Charlie Phaneuf

Holà, bande de groupies ameutées que vous êtes. Nous n’avons pas le temps de s’épivarder sur des délires Gonzo, cette semaine. Commençons donc au plus sacrant, si vous le voulez bien. Bref, notre focus sera entièrement consacré à deux choses. Primo, tenter de trouver un paquet de nouvelles règles et de nouveaux concepts afin de raccourcir considérablement les matchs de la Ligue majeure du baseball, ou de n’importe quelle autre ligue de baseball dans ce monde. Deuxio, tenter de rester éveillé malgré une ixième O’keefe tablette dans le système… et devant un platonique duel entre les Brewers et les Padres qui, comme d’habitude, s’éternise autant que les conversations de Suzanne lorsqu’elle a abusé du tabac à chiquer, d’un Monster extra Red Bull et des fat burners.

Bon, tout le monde est d’accord pour dire que les parties de Baseball durent – toujours et encore – beaucoup trop longtemps et, malgré toutes les tentatives de réformes ces dernières années, rien n’y fait. À vrai dire, on a plutôt l’impression que les joutes sont de plus en plus longues; puissance Auberge du Chien Noir qu’on vous dit. Au final, l’expression « être pendu au bout de son siège » pourrait éventuellement prendre une toute autre tournure. Surtout avec des gradins presque vides et des réseaux de télévisions qui deviennent aussi malintentionnés que Ty Cobb les soirs de pleines lunes – spécialement lorsque la Ligue doit rembourser les annonceurs parce que les cotes d’écoute sont au paroxysme du substratum. Pas mêlant, on aurait tendance à croire que le golf et la lutte professionnelle engendrent un meilleur engouement plébéien. Vous savez, je n’ai pas assisté à une rencontre de baseball depuis plus de dix ans, et j’espère ne jamais revivre ça. Même toutes ces nouvelles règles ne sauraient ramener mon portefeuille en faux-cuir sur un siège de Ballpark. Mais je suis bon joueur, et j’ai tant tripé sur les Expos de Montréal jadis, alors j’ai décidé de jeter un coup d’œil à ce problème. Voici donc mes solutions; pour le meilleur ou pour le pire.

Et là, sachez que je suis turbo-conscient de l’angoisse et des querelles amères qu’engendrera le fait qu’un clavier disjoncté essaie de se défouler sur le dos d’un passe-temps aussi légendaire. Mais cela doit être fait, car si je ne m’en occupe pas, quelqu’un d’autre encore plus timbré le fera. Alors, voici le plan.

ÉLIMINER LE LANCEUR : Cela permettra de réduire les joutes d’au moins une bonne heure, elles qui durent en moyenne jusqu’à trois éternités et demi – et plus! Un match de la Série mondiale s’est déjà perpétué jusqu’à cinq heures et vingt minutes, ce qui est inacceptable pour tout le monde… sauf pour les lanceurs. Donc, nous ÉLIMINERONT LES LANCEURS, et personne ne va s’ennuyer d’eux. Cette bande de bébés gâtés avec la couche aux fesses ne sert qu’à siphonner un beaucoup trop grand pourcentage de la masse salariale d’une équipe et, surtout, à interrompre ou ralentir sans cesse l’action d’une partie. Crache sur la balle, contemple les oiseaux, c’est long, simonac!

LIMITER TOUS LES MATCHS À UNE DURATION DE TROIS HEURES MAXIMUM : Tout comme pour le football, le basketball et le hockey, le Baseball se terminera à une heure fixe. LE SCORE, à ce moment, SERA FINAL, et basé sur une accumulation du TOTAL DES BUTS atteints en trois heures.

TOUS LES COUREURS POURRONT COURIR VERS N’IMPORTE QUEL COUSSIN (mais pas vers l’arrière) – du premier au troisième, du deuxième au marbre, etc. De plus, sans un foutu LANCEUR en plein milieu du losange afin d’interférer dans l’action, ces tentatives de vol de but en haute voltige seront plus que faisables, et ultra stimulantes pour la hyène-gazelle qui se respecte. À quand le clonage? Avouez que les échantillons de semences de Rickey Henderson viennent de prendre encore plus de valeur que les actions boursières de Marijuana.

TOUS LES LANCERS, en passant, seront opérés par une machine très sophistiquée qui sortira du monticule afin d’offrir le tir voulu au batteur – lequel sera commandé par une manette – pour ensuite se recroqueviller hors de vue dans le sable et ainsi libérer tout l’intérieur du losange afin de courir. Si un frappeur claque un coup de circuit avec les coussins remplis, par exemple, son équipe marquera 16 buts au total (ou 16 points). Et lors d’une manche parfaite, le tableau restera évidemment inchangé. C’est pas sorcier!

Pensez à des pointages de 22-5, peut-être, ou même 88-55. Oui Madame la Marquise, nous aurons des pointages de basketball et de l’action frénétique sans arrêt pour trois heures consécutives.

Les héros du jour seront les receveurs, et non pas les lanceurs. Les hommes masqués seront soudainement la pierre angulaire du jeu, et seront évidemment les athlètes les mieux rémunérés du circuit. Sans lanceur ni monticule afin de perturber le rythme, les coureurs seront comme des Speedy Gonzales prêts à décoller au moindre son du bâton, et ce sera le rôle du receveur de tenter de les restreindre ou de carrément les enrayer. Des jambes aussi rapides que celles d’un guépard boosté à la créatine et des bras de type bazooka seront dès lors primordiaux. Terminée toute cette foutaise ennuyante entourant l’enclos des releveurs et de ces entraineurs se grattant le sac de sport à la télé comme s’il n’y avait plus de lendemain. Finis les relais insipides vers le premier coussin, et aux poubelles les séquences de signaux quasi épileptique sans fin ou ces extrêmes gros plans de caméra sur des fausses balles qui rebondissent sur le toit.

Non, il n’y aura plus de buts sur balles. Chaque frappeur recevra cinq lancers de la part du robot – seulement cinq et s’il ne parvient pas à frapper un coup sûr, il est retiré. Le receveur contrôlera le genre de lancers qu’il veut (un changement de vitesse, une rapide ou une courbe, par exemple) qu’il veut que la machine orchestre. Et le robot obéira. Jusqu’au jour où la machine en arrivera à se rebeller tels les produits Skynet; elle sera dès lors encore moins sympathique qu’un Randy Johnson sur le mauvais côté de sa bipolarité. L’expression « revolution in sports » aura alors une toute autre signification…

Ces maudites machines à lancer peuvent maintenant opérer une glissante à 98 miles à l’heure cinq fois de suite, sans problème. Ils peuvent effectuer des balles papillons houleuses et des courbes qui changent de trajectoire sur une demi-lune – tout dépendra de ce que le receveur veut appeler sur sa télécommande. Il pourra même ordonner que le batteur soit atteint dans les côtes par une balle rapide à 102 milles à l’heure, bien que cela coûtera à son équipe deux buts, au lieu d’un. Et vous ne voudrez absolument pas apercevoir un cubain être tarabusté dans les côtes lorsque vous accuserez un retard de 31-30 dans le pointage.

Ok les amis, c’est tout pour le moment. Ce billet a déjà dépassé le nombre de mots permis selon les standards de lecture du sportif moyen – mais le concept est solide, et il y a un criant besoin pour encore plus d’action au baseball qu’un match de lutte entre Rey Mysterio et Billy Kidman. Les puristes vont évidemment pleurnicher gros temps. Et après? Les puristes pleurnichent toujours. C’est leur principale fonction.

Ciao! Mahalo.

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