Mock draft 2e partie | Les sélections #2 à #8

Après plusieurs semaines d’incertitudes et de préparation, nous aurons bientôt du hockey à la télévision! En effet, le tournoi de qualification aux séries de la LNH débute finalement dans une semaine. La Ligue Nationale nous a aussi fait connaître les dates du prochain repêchage, qui aura donc lieu les 9 et 10 octobre. Nous avions d’ailleurs publié il y a quelques semaines la 1re partie de notre mock draft annuel, qui constituait une analyse du jeu d’Alexis Lafrenière, ainsi qu’une évaluation de l’impact de son ajout à l’une des potentielles équipes qui pourrait remporter la 2e loterie (vous pouvez trouver le lien en bas de page). Sans plus tarder, voici la 2e partie de notre mock draft annuel, incluant les choix  #2 à #8, avec une analyse de talent de chaque espoir, ainsi que l’impact de son ajout avec l’équipe le sélectionnant:

Quinton Byfield / Crédit photo: The Hockey Writers

#2 Quinton Byfield – Wolves de Sudbury (OHL) | Centre | 6’4, 214 lbs | Newmarket, Ontario
Los Angeles Kings (2020 - Pres)
Statistiques 2019-2020

OHL (Sudbury): 32 buts, 50 passes, 82 points en 45 rencontres

CMJ – moins de 20 ans (Canada): 1 passe en 7 rencontres

Prétendant au premier choix de la cuvée 2020 avec Lafrenière, Quinton Byfield a connu une saison du tonnerre. Il a enregistré presque 2 points par match avec les Wolves de Sudbury, dans la Ligue Ontarienne, et a terminé au 3e rang pour les points par match à travers les trois ligues canadiennes, derrière Lafrenière et Rossi. Cependant, lors du dernier championnat mondial junior, la performance de Byfield avec Équipe Canada fut déplorable (une maigre passe en 7 parties), ce qui a semé le doute chez les recruteurs. Il semblait invisible par séquences et fut majoritairement utilisé comme 13e attaquant, contrairement à Laffy qui a dominé le tournoi avec 10 points en 5 rencontres. Il faut toutefois garder en tête que Byfield est dix mois plus jeune que Lafrenière, ce qui représente presque une année de développement en moins. Si on retourne à l’an dernier, Lafrenière fut dans la même position que Byfield, c’est-à-dire dans un rôle de profondeur, et n’a récolté qu’une passe en 5 matchs.

Le joueur de centre a toutefois un arsenal d’outils offensifs parmi les plus intéressants du repêchage. Un géant de 6’4’’ à 17 ans, Byfield est un impressionnant patineur compte tenu de sa taille. Il est muni d’un sensationnel contrôle de rondelle et peut déjouer ses adversaires à outrance. Son jeu est en constante évolution et son potentiel semble illimité. Il représente la parfaite combinaison de vitesse, talent et gabarit. Byfield est en mesure de dominer des séquences complètes à lui seul. Il se démarque en raison de sa capacité à bien protéger la rondelle, autant en mouvement que le long de la bande, et aussi parce qu’il est extrêmement difficile à neutraliser en zone offensive.

Byfield maîtrise un puissant coup de patin qui l’amène rapidement à une haute vitesse de croisière, particulièrement en ligne droite, semblablement à Jack Eichel. Il excelle en transition, alors qu’il récolte la majorité de ses points de cette façon. Son first step n’est pas autant peaufiné, mais le jeune attaquant atteint quand même beaucoup d’accélération assez rapidement. Ses changements de direction sont impeccables et il les utilise régulièrement pour se donner davantage d’espace et de temps. Byfield possède cette habileté de « tourner sur un 10 cents » et laisse constamment ses adversaires stupéfaits par ses feintes élusives.

Un fabricant de jeu avant tout, le centre des Wolves possède une bonne vision qu’il exploite en attirant ses opposants et donc en libérant les options de passes pour ses coéquipiers. Il domine et déborde de confiance en possession de rondelle. Byfield possède l’« intelligence hockey » (hockey IQ) pour effectuer ses jeux à un rythme plus élevé que la moyenne et peut donc contrôler le tempo du jeu à lui seul. Mais au-delà de tout cela, c’est son maniement du disque qui est l’aspect le plus impressionnant du jeu de Byfield. Il manipule la rondelle de manière spectaculaire et effectue des jeux à faits saillants en déjouant ses adversaires, le type de jeu que seuls quelques joueurs dans la LNH sont en mesure d’accomplir. Byfield est extrêmement créatif avec la rondelle et utilise bien sa longue portée pour éloigner le disque de son poursuivant. Sans être un pur marqueur, le tir de Byfield est bien au-dessus de la moyenne. Il possède un puissant tir frappé, ainsi qu’un tir du poignet précis, et a démontré pouvoir marquer en mouvement.

Le jeune originaire de Newmarket s’avère aussi être un joueur responsable dans les deux sens de la glace. Il n’a pas peur d’entrer en contact avec l’adversaire et d’aller chercher la rondelle dans les coins de patinoires. Au contraire, il prospère le long des bandes. Sa couverture défensive fait parfois un peu défaut, mais s’est considérablement améliorée depuis l’an dernier. Byfield est toujours en support de ses défenseurs et il est très dangereux en échec-avant grâce à sa vitesse et son bâton actif. Il a aussi démontré qu’il pouvait jouer sur l’infériorité numérique avec Sudbury. Il a quand même quelques faiblesses, notamment au cercle des mises en jeu (il n’est pas horrible, mais devra s’améliorer pour la grande ligue), et aussi du fait qu’il laisse un peu trop d’espace à son adversaire par moment. Byfield pourrait aussi être un peu plus physique pour le gabarit avec lequel il est muni.

IMPACT LNH

Il existe très peu de joueurs de la trempe de Quinton Byfield, un attaquant colossal qui joue avec calme et grâce. Comme il est un des plus jeunes du repêchage, il n’a définitivement pas terminé de maturer physiquement et c’est pourquoi que certains croient que Byfield a un potentiel plus élevé, mais plus risqué, que Lafrenière. Il pourrait probablement jouer dès l’an prochain dans la LNH, mais une année junior de plus ne lui ferait pas de tort, alors qu’il serait le joueur étoile du Canada au CMJ. Byfield sera fort probablement un joueur de premier plan qui sera dominant dans toutes les facettes du jeu et aussi la pièce maîtresse d’une équipe en reconstruction. On le compare fréquemment à Evgeni Malkin, ce qui est assez valide, mais je vois en lui aussi un peu de Anze Kopitar (sans ses prouesses défensives) et Jack Eichel (surtout pour son coup de patin et sa protection de rondelle).

Si les Kings repêchent Byfield, ils ne devraient pas le regretter, même si Tim Stutzle devient un « meilleur joueur », car ils ont l’un des meilleurs bassins d’espoirs de la ligue, avec beaucoup de profondeur à l’attaque. Malgré leurs besoins en relève défensive, il serait beaucoup trop tôt pour sélectionner Drysdale ou Sanderson au 2e rang. Certains mentionneraient que les Kings possèdent déjà les espoirs élites Alex Turcotte et Gabe Vilardi au centre, mais ce dernier a un historique de blessures au dos et une profondeur au centre est gage de succès dans la LNH. De plus, Byfield serait entre de très bonnes mains avec Kopitar qui lui servira de mentor.

 

Tim Stutzle / Crédit photo: Hockey Wilderness

#3 Tim Stutzle – Adler Mannheim (DEL) | Centre/ailier gauche | 6’1, 187 lbs | Viersen, Allemagne

Ottawa Senators (2008 - Pres)

Statistiques 2019-2020

DEL (Adler Mannheim): 7 buts, 27 passes, 34 points en 41 rencontres

CMJ (Allemagne): aucun but, 5 passes en 5 rencontres

Le jeune allemand n’a fait que grimper au classement de la Centrale de recrutement de la LNH depuis le début de la présente saison. Après avoir été le meneur pour les points par match dans la ligue allemande junior l’an dernier, Stutzle s’est amené dans la meilleure ligue du pays avec les « Aigles » de Mannheim. Il s’est rapidement fait une place sur l’un des deux premiers trios, ainsi que sur la première vague d’avantage numérique et a été utilisé autant au centre qu’à l’aile.

Tim Stutzle se démarque grâce à sa prise de décision et son habileté à jouer en espace serrée. Il est un joueur très intelligent qui utilise à sa vitesse et son anticipation pour déborder les défenseurs adverses. L’attaquant a un puissant coup de patin (first step) qui le rend dangereux en transition. Il excelle dans les virages et les changements de direction secs, lui permettant de se distancer facilement de ses poursuivants. En plus d’être un habile patineur, Stutzle est un joueur qui pense et agit rapidement, qui semble la plupart du temps avoir un pas en avance sur ses opposants.

Doté d’une superbe vision, le jeune allemand est l’un des meilleurs distributeurs du repêchage. Il a la patience d’attendre que le jeu se développe et d’effectuer des jeux simples jusqu’à ce que la ligne de passe voulue se libère, pour ensuite décocher une passe vive et précise. Stutzle manie remarquablement bien la rondelle et s’avère créatif avec celle-ci, mais il se démarque davantage par sa protection du disque. Il est difficile de lui soutirer ce dernier, puisqu’il est excellent à utiliser son corps pour la protéger, en plus d’être solide sur ses patins. L’attaquant possède aussi un bon tir du poignet: puissant, précis, décoché rapidement, mais qu’il pourrait utiliser plus fréquemment. Il est efficace pour s’installer dans les lignes de tir de ses défenseurs et dévier les rondelles dans le filet adverse grâce à une remarquable coordination « main-œil ». Offensivement, Tim Stutzle possède un arsenal d’outils et se révèle une menace constante en possession de rondelle.

Dans l’autre sens du jeu, le jeune attaquant semble très à l’aise grâce à son hockey IQ et son bon positionnement. Stutzle est toujours très intense et impliqué dans le jeu, autant dans ses batailles à 1 contre 1, le long de la bande ou devant le filet. Il suit son joueur de manière très serré, donne constamment un deuxième effort et excelle dans les reprises de possession de la rondelle. Il supporte ses défenseurs lorsque l’un deux s’impliquent davantage dans le jeu et ne se fait pas prendre à tricher. Globalement, Tim Stutzle est un joueur complet avec un jeu offensif dynamique et un remarquable sens du jeu. Je vois en lui un peu de Claude Giroux (qui a débuté au centre dans la LNH et maintenant joue à l’aile), ainsi qu’un maniement de rondelle et une vision en zone offensive à la Matt Barzal.

IMPACT LNH

Ayant joué toute la récente campagne contre des hommes, Tim Stutzle est déjà mieux préparé que la plupart des autres espoirs pour jouer directement dans la LNH la saison prochaine. Dans l’optique où l’équipe qui le repêche n’est pas vraiment pressée de l’insérer dans l’alignement en 2020, il serait intéressant de le laisser jouer dans la ligue allemande l’an prochain afin qu’il prenne davantage de responsabilités et peaufine ses habiletés défensives. Sa rapidité et son intelligence lui permettront d’être un joueur d’impact d’ici deux, trois ans. On peut espérer de lui qu’il soit un joueur étoile, évoluant sur l’un des deux premiers trios ainsi que sur la première vague d’avantage numérique. Stutzle devrait enregistrer des saisons d’environ 60-75 points et peut-être même plus, d’ici quelques années.

Les Sénateurs font preuve d’un bassin d’espoirs relativement garni à toutes les positions. Leurs principaux besoins résident principalement dans un centre de premier plan, ainsi qu’un défenseur talentueux de plus. Avec Byfield subtilisé par les Kings, le meilleur choix demeure la sélection de Stutzle, lui qui est sans aucun doute dans une classe se rapprochant plus de celle de Lafrenière et Byfield que des autres attaquants disponibles.

 

Lucas Raymond / Crédit photo: Sportsnet

#4 Lucas Raymond – Frolunda HC (SHL) | Ailier droit/ailier gauche | 5’10, 187 lbs | Göteborg, Suède

Detroit Red Wings (1949 - Pres)

Statistiques 2019-2020

SHL (Frolunda HC): 4 buts, 6 passes, 10 points en 33 rencontres

SuperElit (Frolunda HC – U20) : 3 buts, 11 passes, 14 points en 9 rencontres

CMJ (Suède): 2 buts, 2 passes, 4 points en 7 rencontres

Lucas Raymond a évolué la majorité de la saison dernière dans la grande ligue suédoise, avec les Indiens de Frolunda. Il ne faut pas se fier à son maigre total de points cette saison, alors que l’attaquant n’a joué que 10 minutes en moyenne par partie, avec moins d’une minute de jeu sur l’avantage numérique. L’ailier se trouve à être un fabricant de jeu extrêmement talentueux avec un énorme potentiel offensif. Un joueur assez complet et un incroyable patineur, Raymond peut être inséré autant à l’aile gauche qu’à droite et ne semble pas avoir de failles majeures dans son jeu. Le suédois est très rapide grâce à ses puissantes foulées. Lorsqu’il patine en ligne droite dans la zone neutre, il traverse la défensive adverse en un instant. Raymond est aussi très agile en changement de direction et s’avère très élusif en un contre un, grâce à ses coups d’épaules pour feinter l’adversaire ou pour éviter les mises en échec. Globalement, il est probablement l’un des meilleurs patineurs de cette cuvée.

Lucas Raymond a hérité d’une vision hautement supérieure à la moyenne et d’une créativité avec la rondelle qui ne laisse personne indifférent. Ses passes sont constamment précises, directement sur la palette. Son maniement de rondelle est sans précédent et il est excellent pour se créer de l’espace grâce à ses savantes feintes. De plus, Raymond est muni d’un tir vif et sournois, couronnant donc un ensemble d’habiletés qui le rend très imprévisible et dangereux, particulièrement sur l’avantage numérique. Le suédois possède un excellent sens du jeu qu’il exploite aussi bien défensivement. Il n’est pas du genre à regarder le jeu et attendre, il est plutôt celui qui l’initie et le contrôle à haute vitesse.

Raymond joue très intelligemment et semble constamment prendre les bonnes décisions dans les trois zones, en plus d’offrir de bonnes performances sur l’infériorité numérique. Il bataille ardemment pour la rondelle et s’avère une menace pour les défenseurs en raison de son échec-avant. De plus, Raymond démontre un côté compétitif et joue avec beaucoup d’intensité. Seul bémol, il est plus petit que la moyenne et n’est pas toujours solide sur ses patins, ce qui va s’améliorer durant les prochaines années. Son style de jeu est relativement comparable à ceux de Mitch Marner ou Artemi Panarin, des ailiers ultras élusifs qui peuvent dicter le rythme du jeu.

IMPACT LNH

Lucas Raymond a définitivement le talent pour être repêché dans les cinq premiers choix, mais il y a des chances qu’il se fasse sélectionner plus loin, en raison du haut talent disponible dans les 10-12 premiers choix. Raymond devra aussi ajouter la masse s’il veut rendre la transition plus facile, mais il demeure tout de même l’un des joueurs des plus talentueux du repêchage.

À mes yeux, suivant les sélections de Lafrenière, Byfield, Stutzle et Drysdale, une équipe ayant besoin d’un ailier devrait sauter sur l’occasion de repêcher un virtuose offensif comme Lucas Raymond.  Il ne fera probablement pas le saut en Amérique du Nord l’an prochain, mais d’ici quelques années, il devrait se retrouver sur une des deux premières lignes d’une équipe de la LNH. Son talent de fabricant de jeu, ses habiletés avec la rondelle ainsi que sa mobilité feront de lui un danger constant en zone offensive et sur la première vague de l’avantage numérique. On pourrait s’attendre à des saisons de 50-75 points de sa part, dont 35-50 passes.

Les Red Wings ont définitivement des besoins à toute position, mais ils nécessitent davantage de talent brut. J’estime que Raymond a le plus grand potentiel des joueurs restants, même si c’est un choix risqué et qu’il n’a pas eu une saison productive dans la ligue suédoise. Yzerman a toutefois prouvé ne pas avoir froid aux yeux avec la sélection étonnante de Moritz Seider au 6e rang l’an dernier. Avec une future ligne de centre nantie de Dylan Larkin, Joseph Veleno et Michael Rasmussen, l’ajout de Lucas Raymond à l’aile en serait grandement intéressant.

 

Jamie Drysdale / Crédit photo: Eric Otters

#5 Jamie Drysdale – Otters d’Érié (OHL) | Défenseur droitier | 5’11, 170 lbs | Toronto, Canada

Ottawa Senators (2008 - Pres)

Statistiques 2019-2020

OHL (Érié): 9 buts, 38 passes, 47 points en 49 rencontres

CMJ – moins de 20 ans (Canada): 1 but, 2 passes en 7 rencontres

Depuis le début de la présente campagne, Jamie Drysdale est considéré comme le meilleur défenseur disponible au prochain repêchage. Le jeune défenseur a été de loin le joueur le plus dominant et le plus utilisé d’une édition assez ordinaire des Otters d’Érié, une équipe qui a déjà pu compter sur des virtuoses tels que Connor McDavid, Alex DeBrintcat et Dylan Strome par le passé. Un joueur faisant preuve de leadership et d’autant plus apprécié par ses entraineurs, il a été nommé assistant-capitaine avec les Otters à seulement 17 ans, ainsi que capitaine avec Équipe Canada au tournoi Hlinka-Gretzky (moins de 18 ans) en 2018.

Drysdale est ce que l’on peut qualifier de défenseur « moderne », c’est-à-dire un patineur très mobile, dynamique à l’attaque et efficace en défense. En effet, il prospère dans les trois zones et mène remarquablement bien l’avantage numérique. Non seulement il se démarque grâce à sa mobilité, mais sa lecture du jeu est exceptionnelle. Son principal atout demeure son coup de patin élite. Drysdale se déplace à grande vitesse et possède un contrôle de patin fluide, lui permettant de changer rapidement de direction, ou encore de freiner très sec, pour facilement berner ses adversaires. Son accélération lui donne l’option de transporter la rondelle avec aise jusqu’en zone adverse. Drysdale s’avère un dominant joueur de transition, confiant en ses habiletés pour mener l’attaque.

Le jeune défenseur possède tous les outils offensifs que l’on pourrait espérer d’un haut choix de première ronde. Tout d’abord, ses talents de passeur sont hors normes en raison de la précision, la vélocité et de l’imprévisibilité de ses passes. Drysdale distribue régulièrement la rondelle sans même regarder ses coéquipiers, ce qui rend la tâche ardue à ses adversaires qui tentent d’anticiper ses actions. Il manie également la rondelle avec élégance et est doté d’une superbe vision du jeu. Le Torontois exécute ses jeux à très haute vitesse, même lorsque l’adversaire lui limite l’espace et réussit constamment des passes risquées, mais payantes. Lorsque l’occasion se présente, Drysdale n’hésite pas à décocher la rondelle avec un puissant tir frappé qui manque parfois de précision, surtout sur l’avantage numérique. Son tir du poignet est toutefois plus précis, mais sous-exploité.

Le défenseur présente un calme olympien lorsque sous pression. Il produit davantage d’entrées de zone réussies que de revirements et ne se débarrasse pratiquement jamais de la rondelle inutilement. Défensivement, sa force réside dans son excellent synchronisme et sens de l’anticipation, avec lesquels Drysdale soutire la rondelle du porteur adverse à un rythme absurde. Il réduit facilement l’écart entre lui et son opposant, laissant peu d’espace au porteur adverse et éliminant rapidement ses chances de développer un jeu. Il n’a pas peur du jeu physique, s’avère solide sur ses patins et difficile à mettre en échec, mais il n’est pas le plus costaud et ne va pas initier le contact.

Drysdale révèle deux failles dans son jeu. Tout d’abord, tel que mentionné plus haut, il manque souvent le filet lorsqu’il tire, ce qui peut mener à un surnombre de l’autre côté de la patinoire. Il doit aussi être moins agressif sur le porteur et mieux choisir ses combats, car il a tendance à pourchasser la rondelle et donc ignorer son mandat de surveiller l’enclave. Il semble donc parfois pris de court lorsque l’équipe adverse tourbillonne dans sa zone. En vertu de son style de jeu, on le compare fréquemment à Cale Makar et Drew Doughty.

IMPACT LNH

La grande majorité des prévisions du repêchage de 2020 projette Jamie Drysdale entre le 3e et le 7e choix. Vu sa mobilité, son jeu de transition et son efficacité dans les trois zones, Jamie Drysdale est un typique défenseur « nouveau genre », qui pourrait avoir un impact similaire à Cale Makar ou Quinn Hughes. N’importe quelle équipe salive devant un défenseur droitier avec des habiletés offensives aussi marquantes, ce qui me laisse croire que Drysdale partira dans le top 5.  Il devrait devenir un défenseur de première paire qui mènera la première vague de supériorité numérique, jouerait probablement à court d’un homme et frôlerait la barre des 60 points d’ici quelques années. Dans le pire des cas, il sera un défenseur top 4 qui serait tout de même utilisé sur l’avantage numérique.

Malgré l’ascension de Jake Sanderson, je persiste à croire que Drysdale demeure dans une classe à part chez les défenseurs de cette cuvée. Alors que les Sénateurs sont déjà garnis en termes de jeunes défenseurs droitiers avec Lassi Thomson, Erik Brannstrom et Jacob Bernard-Docker, l’addition de Jamie Drysdale ne serait pas de trop. L’avenir de Bernard-Docker dans la LNH ne lui est pas garanti et d’avoir un surplus de défenseurs mobiles transportant bien la rondelle est un « beau problème » à avoir dans le style moderne de la LNH. De plus, derrière Thomas Chabot qui mène la brigade défensive et l’avantage numérique, Drysdale ne sera pas précipité dans son apport offensif avec l’équipe et pourra se développer à son rythme.

 

Jake Sanderson / Crédit photo : NHL

#6 Jake Sanderson – Équipe nationale U18 (USDP) | Défenseur gaucher | 6’1, 185 lbs | Whitefish, Montana

Anaheim Ducks (2014 - Pres)

Statistiques 2019-2020

USDP (Équipe nationale U18): 7 buts, 22 passes, 29 points en 47 rencontres

USHL (USNTDP Juniors): 2 buts, 12 passes en 19 rencontres

Lui aussi l’un des plus jeunes espoirs du repêchage, Jake Sanderson est probablement le joueur qui a le plus gagné de momentum dans les classements des analystes et internautes. Le défenseur s’illustre grâce à son solide jeu défensif, son intelligence et sa mobilité. En effet, Sanderson est un remarquable et agile patineur. Ses deux, trois premières foulées ne sont pas les plus explosives, mais il atteint tout de même une énorme vitesse assez rapidement. Ses coups de patin sont gracieux et puissants, avec d’excellents mouvements latéraux et pivots. Sa mobilité est clé dans son jeu, alors que Sanderson excelle lorsqu’il applique de la pression. Globalement, son patin est au-dessus de la moyenne, mais il lui manque quand même le separation gear pour transporter aussi efficacement la rondelle dans la LNH.

Sa force majeure réside toutefois dans son jeu défensif. Sanderson est l’un des meilleurs défenseurs de la présente cuvée pour neutraliser les jeux adverses. Il fait constamment avorter les jeux en zone neutre ou dans sa propre zone grâce à sa grande portée et l’usage efficace de son bâton. Le jeune défenseur ne se fait tout simplement pas battre en 1 contre 1. Il possède un incroyable sens de l’anticipation, traque merveilleusement bien la rondelle et réduit l’écart instantanément entre lui et le porteur. Dès la zone neutre, il apporte de la pression sur le porteur pour le garder à l’extérieur, le long de la bande. Sanderson ne laisse rien passer à l’intérieur et n’a aucunement peur de jouer de manière robuste. Il utilise très bien son corps pour gagner les batailles derrière le filet et reprendre possession de la rondelle. Il excelle en sortie de zone et aussi pour garder la rondelle en zone ennemie lorsque son équipe y est installée. Pour ces raisons, Jake Sanderson nous rappelle des défenseurs tels que Jaccob Slavin ou Hampus Lindholm, des défenseurs responsables sur qui leurs équipes peuvent compter pour jouer beaucoup de minutes.

Au-delà de ses prouesses défensives, Sanderson possède de bonnes habiletés offensives. Il est grandement efficace pour transporter la rondelle de sa zone à la zone adverse. Il joue intelligemment, ne garde jamais la rondelle trop longtemps et semble constamment prendre la bonne décision avec celle-ci. En zone offensive, il sait être patient et attendre la bonne opportunité pour attaquer le milieu, Sanderson est d’ailleurs très compétent à joindre l’offensive comme « 4e attaquant ». L’américain possède des mains modestes, mais manque de créativité avec le disque. Il effectue des passes précises, sur la palette, alors que même ses passes du revers sont élusives. Son tir frappé est dangereux, puissant, mais surtout bien placé au filet et laisse souvent des retours.  Son tir du revers est lui précis, vif, et sous-estimé.

IMPACT LNH

Avec leurs besoins cruciaux en défensive, les Ducks se doivent de repêcher un défenseur, malgré l’envie alléchante de mettre la main sur un marqueur pur comme Alexander Holtz, afin de le jumeler aux Trevor Zegras et Sam Steel. L’arrivée de Holtz ferait beaucoup de sens, compte tenu la quantité de suédois se retrouvant dans l’alignement des Ducks (Rakell, Silfverberg, Lindholm et Larsson), ainsi que l’accord entre le talent de marqueur brut de Holtz et la vision de jeu de Zegras. Toutefois, l’ajout de Jake Sanderson à la ligne bleue stabiliserait leur brigade défensive pour les prochaines années à venir et apporterait un méchant coup de main au gardien John Gibson, lui qui fut l’un des gardiens des plus occupés la saison précédente. Sanderson ne sera probablement jamais un prétendant au trophée Norris, mais il va grandement alléger la tâche à son cerbère. On peut s’attendre à des saisons d’environ 30-40 points et autour de 25 minutes jouées par match de la part de Sanderson, avec le potentiel de devenir l’un des défenseurs parmi les plus fiables à travers la ligue.

 

Alexander Holtz / Crédit photo: Champions Hockey League

#7 Alexander Holtz – Djurgardens IF (SHL) | Ailier droit | 6’0, 183 lbs | Saltsjö-Boo, Suède

New Jersey Devils (2000 - Pres)

Statistiques 2019-2020

SHL (Djurgardens IF): 9 buts, 7 passes, 16 points en 35 rencontres

SuperElit (Djurgardens IF – U20) : 7 buts, 2 passes, 9 points en 3 rencontres

CMJ (Suède): 3 buts, 2 passes, 5 points en 7 rencontres

Un peu comme Cole Caufield l’an dernier, Alexander Holtz est étiqueté en tant que meilleur marqueur du repêchage de 2020. Effectivement, Holtz possède un redoutable et précis tir du poignet qu’il décoche incroyablement rapidement. Son tir frappé est également foudroyant. Le suédois peut marquer de partout, que ca soit à gauche, à droite du filet ou dans l’enclave, en mouvement et en transition, sur un genou, etc. Aussi, Holtz sait bien placer la rondelle au filet afin d’obtenir un retour de lancer ou d’effectuer une déviation. Il n’a pas peur de foncer au but pour y dévier la rondelle grâce à son impressionnante coordination « main-œil ». Il est très intelligent avec et sans la rondelle, il voit clairement les jeux se dessiner devant lui et traque bien le disque. Holtz effectue d’excellentes lectures du jeu et détient un remarquable sens de l’anticipation, alors qu’il se trouve souvent au bon endroit, surtout en zone offensive. Il est extrêmement conscient de la position de son bâton et semble toujours en position de marquer.

D’ailleurs, l’ailier dispose de mains fluides et se démontre très élusif et créatif en 1 contre 1. Il n’est donc pas qu’un buteur unidimensionnel, il est en mesure de créer ses propres occasions de marquer. Holtz n’est pas un vilain passeur non plus et repère bien les lignes de passes. Comme il possède un tir dangereux, il attire fréquemment ses adversaires, ce qui a pour effet de libérer ses coéquipiers, et ainsi n’a aucune difficulté à leur remettre la rondelle. Holtz est un puissant et agile patineur. Sans être explosif, ses premières foulées sont décentes, alors que ses mouvements latéraux et sa vitesse en ligne droite sont assez moyens. Holtz n’est pas le joueur le plus lent, ni le plus rapide. Il est néanmoins solide sur ses patins et gagne régulièrement ses batailles. Il démontre un échec-avant efficace, ainsi qu’une bonne éthique de travail et beaucoup d’intensité.

Certains aspects négatifs de son jeu demeurent qu’il a tendance à tricher parfois en zone défensive, prématurément prêt pour la sortie de zone. Il joue aussi en périphérie par moment puisqu’il tente de se placer en position pour décocher. Il n’en demeure pas moins que Alexander Holtz est un espoir très prometteur, qui peut dominer une présence à lui seul grâce à son tir menaçant et ses mains surprenantes. On le compare notamment à Brock Boeser, Patrik Laine (plus petit) ou Filip Forsberg, en raison de leurs habilités de marqueur.

IMPACT LNH

Les Devils ont définitivement besoin d’ailiers de qualité afin d’alimenter les centres Jack Hughes et Nico Hischier. De plus, suite aux sélections de Drysdale et Sanderson, il n’y a plus de défenseur méritant de se faire repêcher 7e. Il est excitant de s’imaginer un marqueur pur en Holtz avec un fabricant de jeu élite comme Hughes. Le suédois devrait être bientôt prêt pour la LNH, quoiqu’une saison supplémentaire en Suède ne lui ferait pas de mal et lui permettrait d’améliorer son coup de patin. Il détient le potentiel d’un marqueur régulier de 30+ buts par saison, probablement 40 par moment, surtout s’il est pour jouer avec Hughes.

 

Cole Perfetti / Crédit photo: News Break

#8 Cole Perfetti – Spirit de Saginaw (OHL) | Ailier gauche/centre | 5’10, 185 lbs | Whitby, Ontario

Buffalo Sabres (2011 - Pres)

Statistiques 2019-2020

OHL (Saginaw): 37 buts, 74 passes, 111 points en 61 rencontres

Ignoré par Équipe Canada lors du dernier championnat mondial des moins de 20 ans, Cole Perfetti a malgré tout annihilé la ligue ontarienne cette saison, avec une moyenne de 1.82 point par match. Non seulement il a dominé la OHL, mais Perfetti a eu 31 points d’avance sur son plus proche poursuivant dans le classement des marqueurs du Spirit. Le jeune attaquant se démarque grâce à son hockey IQ, sa vision, ainsi que ses habiletés avec la rondelle. En fait, Perfetti est un incroyable fabricant de jeu, doté d’une exceptionnelle vision, qui trouve constamment ses coéquipiers avec de savantes passes. Il fait preuve d’une grande patience avec la rondelle et gagne du temps grâce à son maniement de rondelle et son agilité, afin de trouver un coéquipier libre. Perfetti est un joueur très intelligent, qui anticipe et voit le jeu se développer plus rapidement que la majorité. Il est remarquablement créatif en possession du disque, spectaculaire grâce à ses feintes et peut déjouer plusieurs adversaires sur une même séquence.

Perfetti est aussi un agile patineur, avec d’excellents mouvements latéraux. Toutefois, sa vitesse de pointe et son accélération sont plutôt moyennes pour un joueur de sa taille. Outre ses habiletés de passeur, Perfetti a une réputation de marqueur qui lui a valu le surnom « Goal Perfetti ». Il possède un tir du poignet menaçant et ultra précis. Son tir frappé et sur réception sont d’ailleurs respectables, mais c’est vraiment avec son tir du poignet qu’il terrorise les gardiens adverses. Il utilise très bien son bâton pour intercepter la rondelle, couper les lignes de passes ou en échec-avant.

Cependant, l’originaire de Whitby est muni d’un petit gabarit et se fait pousser trop facilement. Il perd fréquemment ses batailles à un contre un le long des bandes en raison d’un mauvais positionnement. Perfetti se fait aussi reprocher de manquer d’intensité par moment et de lâcher facilement le morceau. Il fait preuve d’inconstance et démontre des lacunes défensives évidentes, particulièrement en repli défensif ou dans sa zone. Il est ardu de lui trouver un comparatif LNH, mais probablement que Johnny Gaudreau (avec un meilleur tir du poignet) ferait du sens, étant donné son talent immense et son manque d’implication physique.

IMPACT LNH

Perfetti a tout le talent ainsi que le profil d’un futur attaquant top 6 dans la LNH, voire un joueur de premier trio, qui mènera l’avantage numérique en se postant à l’aile droite. Il est fort probable que ça lui prenne un peu de temps à s’ajuster à la rapidité et la robustesse du jeu dans les ligues majeures. Perfetti aura aussi besoin de peaufiner son jeu défensif durant ses premières années professionnelles. Néanmoins, il sera un catalyseur offensif et on peut s’attendre à des saisons de 20-25 buts, 40-50 passes de sa part.

Plusieurs d’entre vous vont trouver étrange de retrouver Marco Rossi hors du top 8, derrière Perfetti. Je crois même que Rossi est un joueur plus complet que Perfetti et certains autres attaquants repêchés avant. Même si le mot d’ordre dans le top 10 est de repêcher le meilleur choix possible, peu importe les besoins, les équipes ont quand même tendance à soit se baser sur leurs besoins ou soit sélectionner le joueur qu’ils aiment le plus, même s’ils sont projetés plus loin dans le repêchage. Avec tout le haut talent disponible dans le top 10-12 de cette cuvée, il est inévitable qu’un espoir ou deux chute drastiquement au repêchage.

Si on regarde cette année, plusieurs de ses équipes ont grandement besoin de défenseurs ou d’ailiers pour alimenter leur noyau au centre. Par exemple, les Sabres ont déjà Jack Eichel, Dylan Cozens et Casey Mittelstadt et bénéficieraient davantage d’un attaquant pouvant jouer à l’aile, avec une touche de marqueur comme Perfetti. J’aimerais ajouter que dans l’optique où Rossi se fait repêcher aussi loin, sa sélection pourrait s’avérer être le vol du repêchage dans quelques années.

 

C’est tout pour la 2e partie du mock draft! La 3e et dernière partie paraîtra après les séries éliminatoires et sera constituée de tous les autres choix de la première ronde (choix #9 à #31). Ne manquez pas ça!

*Analyse et recherche par Joey Fortin Boulay. Sélections des choix par Joey Fortin Boulay, Félix Desjardins et Marco Blier

http://lapremiereronde.com/mock-draft-1re-partie-alexis-lafreniere-le-prodige-quebecois/

Grand fan de hockey qui se spécialise particulièrement dans les jeunes espoirs à venir, Joey travaille depuis plusieurs années à La Première Ronde et auparavant à En Prolongation. Il multiplie les heures de visionnement des matchs pour vous donner des analyses complètes et détaillées.

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Written by Joey Fortin Boulay

Grand fan de hockey qui se spécialise particulièrement dans les jeunes espoirs à venir, Joey travaille depuis plusieurs années à La Première Ronde et auparavant à En Prolongation. Il multiplie les heures de visionnement des matchs pour vous donner des analyses complètes et détaillées.

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