Dans les câbles – Nul n’est prophète | Olivier Daigneault

Salut à toi, amateur de gala dans la ville reine

Nous avons eu droit à un autre chapitre dans la saga du champion du WBC des mi-lourds cette semaine. La table avait été mise la semaine dernière alors que l’aspirant obligatoire Eleider Alvarez laissait le chemin libre à Badou Jack en signant une entente pour affronter Sergey Kovalev.

La suite devait donc logiquement être d’annoncer le combat Stevenson-Jack pour le 19 mai à Montréal. Le Centre Bell était réservé, la promotion n’attendait que le signal du départ pour se lancer, Yvon Michel avait concocté une sous-carte des plus intéressantes remplie de talent de chez nous dont Mikael Zewski, Sébastien Bouchard et Oscar Rivas. Sauf que Michel a dû se plier à la décision d’Al Haymon et  d’emmener tout ce beau monde à Toronto. Pourquoi? Personne n’a pu obtenir une réponse avec plus de contenu que ‘’Parce que…’’

Al Haymon a le dos large. Dès qu’une situation devient corsée, Haymon devient le bouc émissaire et semble prendre des décisions uniquement basées sur l’argent et le profit. Plusieurs difficultés s’annonçaient pour l’organisation d’un affrontement entre Jack et Stevenson, mais de tenir enfin une conférence de presse officielle, à trois semaines d’avis du gala, et de ne pas être capable de dire autre chose que c’est la faute à Al Haymon, c’est rire de l’amateur de boxe que je suis (et que j’espère vous êtes encore un peu aussi…).

Les vraies raisons, donc, nous ne les connaitrons probablement jamais. On ne peut que supposer. Stevenson ne veux pas se battre à Montréal, il est victime d’un complot médiatique, il n’attire pas les foules même dans sa propre cour, personne au Québec ne souhaitais voir un combat Stevenson-Jack, etc.

La boxe, ces derniers temps, est aussi une guerre de réseaux de télévision. Ça aussi, il faut en parler et le comprendre. HBO et Showtime se livrent une bataille pour le contenu et ça change la donne à beaucoup de niveaux. Les champions des autres divisions sont tous avec HBO et Stevenson est toujours sous contrat avec Showtime. Une unification des titres lui sera difficile à négocier avec les Bivol, Kovalev ou Beterbiev.

L’organisation d’Yvon Michel semble peser de moins en moins lourd sur l’échiquier mondial de la boxe. Les boxeurs désertent et les têtes d’affiches qui restent vont se battre sous d’autres cieux. Je comprends que GYM s’est associé à PBC pour le meilleur et pour le pire et que le marché de Toronto est une belle opportunité de développement mais dans le cas de ce gala, c’est un peu tiré par les cheveux. Je crois par contre à la sincérité de Michel, qui a tout fait en son pouvoir pour présenter ce gala à Montréal, mettant son nom en garantie. S’il y en a un qui était déçu de la situation, c’est bien lui.

Quoiqu’on puisse rêver qu’Eleider Alvarez sorte gagnant de son duel face à Kovalev et remporte ainsi la ceinture WBO, ça forcera peut-être le champion WBC à se battre chez lui, cette fois.

crédit photo : badlefthook.com

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