Alouettes- En quête de direction | Olivier Daigneault

Les Alouettes de Montréal seront bientôt officiellement vendus à la Ligue Canadienne de Football. Robert Wetenhall, le propriétaire majoritaire depuis 1997, aurait remis les clés de la formation montréalaise à la ligue, insatisfait des offres reçues par les différents groupes intéressés par le rachat de la moribonde concession.

Ainsi donc se termine le règne de plus de vingt ans de la famille Wetenhall aux guides des Moineaux. On peut faire un rapide bilan : 7 participations à la finale de la coupe Grey, 3 championnats, tous sous la gouverne du président Larry Smith et du directeur général Jim Popp. Ce dernier, après quelques années difficiles à la barre de l’équipe, quitte pour les Argonauts de Toronto. Après une longue et glorieuse carrière parsemée de records et de championnat, Anthony Calvillo accroche ses crampons comme quart-arrière. On peut parler de la fin d’une époque.

Depuis le départ à la retraite de Calvillo, les mauvaises décisions tant dans l’embauche des joueurs que des entraineurs ont lentement ruiné la réputation de l’organisation entière. Les résultats sur le terrain s’en sont ressentis, l’équipe n’ayant pas participé aux séries d’après saison depuis 2014, se forgeant une ronflante fiche de 21 victoires et 51 défaites au cours des 4 saisons sans Calvillo.

Un manque de vision dans le recrutement d’un digne remplaçant dans ce poste clé explique bien des choses mais n’explique pas tout. Calvillo était certainement le roc sur lequel l’équipe s’était bâtie mais il est facile de jeter tout le blâme sur ses successeurs.

L’équipe a perdu son identité en cours de route. Les insuccès de l’équipe ont commencé à avoir raison du public qui se présente de moins en moins nombreux au stade Percival Molson. Le manque évident de direction, reposant aujourd’hui sur les épaules du président Patrick Boivin et du directeur général Kavis Reed, n’est rien pour ramener les fidèles désabusés.

Je ne ferai pas ici la liste des décisions douteuse qui ont été prises, ni le procès des gens appelés à les prendre. La liste est longue et il est difficile de dire à qui revient véritablement la faute. Messieurs Wetenhall avaient le bras long quant aux décisions prises au niveau des opérations football. Et ça les amis, ce n’est jamais bien bon. Voulez-vous que je donne des exemples? C’est ce que je pensais.

Donc ce sera un nouveau départ pour tout le monde. L’aura négative qui flotte au-dessus du nid se dissipera pour laisser place à l’espoir de jours meilleurs. Mais un revirement de situation majeur comme celui-là prendra assurément du temps. La patience sera évidemment de mise pour les partisans de l’équipe. Les Alouettes jouissent d’une base d’irréductibles fans anglophones, de vrais amateurs de football canadien. Ne reste qu’à faire revenir les autres, ceux qui cherchent un frisson sportif au cours de la saison caniculaire.

Parmi les différents groupes intéressés, il semble y en avoir un avec une longueur d’avance. L’homme d’affaires montréalais Clifford Starke a annoncé jeudi dernier son intention de se porter acquéreur des Moineaux. Accompagné de différents partenaires, dont le principal est l’ex joueur des Argonauts et des Eskimos Brad Smith, il apparaît être l’homme qu’il faut pour redorer le blason des Als. Le nom de Smith sonne bien sûr une cloche aux partisans de l’équipe, il est le fils de Larry, ancien joueur et président marquant des Alouettes.

Il ne faudra pas grand-chose pour raviver la flamme au cœur de partisans montréalais. Des propriétaires avec de la crédibilité,  des hommes de football d’ici qui comprennent le marché et ses subtilités. Un plan. Une direction. La fête reprendra vite sur le beau Mont-Royal.

Crédit photo: La Presse Canadienne

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