Le chanteur Alexandre Poulin s’inspire en courant ! | Daniel Lequin

Rencontre particulière avec l’artiste Alexandre Poulin au café Les Entretiens sur Laurier à Montréal; voilà qui est de circonstance. Une entrevue différente pour lui, habitué à converser de sa carrière de chanteur avec les journalistes du milieu artistique et non de course à pied.

« Oui, différent, mais on choisit nos priorités dans la vie ». Vraiment ravi d’entendre ce commentaire.

Admiré particulièrement pour la qualité de ses propos à travers sa musique, Alexandre court depuis maintenant cinq ans et n’hésite pas à reconnaître que cet ajout a considérablement changé sa vie et sous plusieurs angles.

Jadis, adepte d’entraînement en gymnase, il devenait difficile pour lui de composer avec ses tournées et ses nombreux spectacles. La course à pied, beaucoup plus accessible, représentait un choix logique. Or, il reconnaît aujourd’hui que ce n’est pas pour tout le monde. « J’ai tenté d’initier ma copine et ça ne fonctionne pas ».

 

Un artiste d’une grande simplicité, à l’image de ses chansons. Une belle rencontre dans un café montréalais.

À ses yeux, courir représente une belle façon de visiter des endroits. Il parle entre autres d’une tournée en France où il avait donné 30 spectacles et 60 jours. « C’est devenu essentiel. Le matin d’un spectacle, je dois absolument enfiler mes espadrilles. On parle d’un besoin que je dois satisfaire. »

Alexandre se limite à des distances inférieures à 12km. «Voilà ma philosophie, je veux courir longtemps car j’en ai besoin. J’ai dû traverser près d’un an sans courir à cause d’une blessure à un genou. J’ai eu peur, je croyais que plus jamais j’allais revenir. Or, j’ai décidé de m’embaucher un instructeur qui m’a corrigé dans ma façon de faire et c’est un peu lui qui m’a découragé à vouloir augmenter mes distances. Je ne cours pas pour me faire du mal. Il s’agit d’un investissement pour ma santé. Je pense que j’ai plus à perdre qu’à gagner si j’exagère », exprime l’artiste natif de Sherbrooke, un résident de Montréal depuis plusieurs années, qui ne se verrait pas retourner en région car il admire la métropole. « Et je suis même disposé à la défendre », précise-t-il.

 

Le matin, avant chacun de ses spectacles, Alexandre a besoin de courir, peu importe l’endroit où il se retrouve.

On devine qu’il n’a pas de montre, seul un iphone pour calculer sa distance et la durée de son entraînement. La pluie, le froid, la neige, rien ne l’arrête. « Mon grand-père m’a déjà dit qu’il n’existe pas de mauvaises températures pour courir, juste de mauvais manteaux ! »

La course à pied a clairement changé sa vie, admet-il. Âgé de 40 ans, je lui en donnais 28, il dit se sentir comme une grosse patate lors des journées où il ne court pas. « Tu sais, je m’inspire régulièrement en courant et je récolte par le fait même mes meilleures idées. J’oublie ainsi l’effort que je dois faire, ce qui facilite l’adaptation de mon corps. »

Le papa d’Émilou, 4 ans, ne fait pas une obsession avec la nutrition. « Je ne mange jamais de dessert car je n’aime pas vraiment le sucre. Je fais des efforts pour manger mes portions de fruits et de légumes mais sincèrement, je n’y arrive jamais. Je ne prends pas de poids, c’est une question d’hérédité. Dans ma famille, nous sommes tous minces », souligne celui qui fait 6’1, doté d’une bonne propulsion, on le devine.

 

« Vivre et laisser vivre, ce n’est pas tout le monde qui peut courir », dit-il.

Et l’influence de l’artiste auprès de ses admirateurs ? « Je ne suis qu’un ingrédient dans une recette. Je ne m’arrête pas à cet aspect. Il s’agit d’une responsabilité qui ne m’appartient pas. Tant mieux si je peux influencer les gens à la course à pied. Vivre et laisser vivre car ce n’est pas tout le monde qui peut courir. »

Jamais Alexandre n’a dû se convaincre d’aller courir lorsqu’il prévoyait un entraînement. « Dans ces moments-là, je pense aux mois que j’ai dû traverser sans pouvoir courir à cause de cette blessure et je me dis que ce sont ces journées qui vont compter en bout de vie. Alors, habilles-toi et c’est parti. »

 

Alexandre profite d’une belle visibilité en Europe et il court pour découvrir. 

Il sait reconnaître que courir permet d’aller chercher le maximum d’effort que son corps peut lui offrir et il a appris à comprendre cet élément tellement important mais aussi tellement facile à faire dévier.

Sympathique, calme, pondéré et très gentil, Alexandre Poulin fascine par ses chansons et une belle part de ses succès est sans contredit redevable à la course à pied !

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