Astros de Houston : des Rapaces qui aspirent à répéter le saint-Exploit | Charlie Phaneuf

À moins d’avoir subi une cryogénisation financée par Ichirõ Suzuki et Bartolo Colon lors des neuf ou dix derniers mois, d’avoir voyagé sur une autre planète en compagnie de José Canseco – grâce à la soucoupe volante de Raël – ou d’avoir été incarcéré dans une chambre capitonnée tel un Ugueth Urbina en manque de Wild Turkey, vous devez impérativement savoir que les Astros de Houston ont triomphé des Séries Mondiales de 2017. En effet, Gilles, l’assemblage opéré par Jeff Luhnow et ses sous-fifres aura été sans faille afin de coiffer les coriaces Dodgers de Los Angeles. Encore mieux, la quasi entièreté du club allait revêtir à nouveau ce splendide uniforme orangé afin de conquérir un deuxième championnat des Mondiales d’affilée. Fait véridique : l’espoir d’un repeat était bel et bien au paroxysme du prélat.

Le coach de salon en vous, voire celui qui reste aussi dubitatif qu’un éternel maugréeur de Darryl Strawberry, doit tout de même admettre un truc : l’alignement de cette saison paraît encore plus prometteur que celui de 2017. Écoutez, Grand Manitou Luhnow a ajouté un certain Gerrit Cole à une charpente déjà très solide; une rotation qui allait de plus être améliorée par une saison complète de l’As Justin Verlander et le récent ajout de l’enfant terrible des Blue Jays, Roberto Osuna, rappelons-le. Et nous avons également pu observer une progression naturelle de la part des jeunes soldats du régiment. Ce n’est pas rien, on s’entend là-dessus.

Pour le moment, l’espoir d’un deuxième championnat consécutif ne souffre d’aucun complexe et est plus vivant que jamais – puissance Ozzie Smith en pleine pirouette de cirque dans une confiserie de bonbons, qu’on vous dit. Les Astros de Houston possèdent le troisième meilleur dossier de la Ligue au grand complet, n’étant devancés que par les satanés Yankees et les doux Red Sox. Néanmoins, vous devez savoir qu’il y a un monde de différences entre la campagne de 2017 et celle de 2018. La moisson de 2017 aura été purement menée avec de l’attaque en vrac. Même si les Astros de 2018 dominent la Ligue au niveau du différentiel des points marqués et alloués, la présente saison est plutôt transcendée par la succulente brochette de lanceurs. Trois artilleurs, en particulier, ont sonné la charge pour les Astros de Houston; ils ont été presque parfaits dans leur déploiement et les frappeurs adverses les craignent dorénavant autant que les contrôles anti-dopage. Les trois bras de fer auront d’ailleurs, dépendamment de comment la saison se terminera, une très bonne chance d’apposer leur nom sur le Cy Young. Oui, Charlie Morton, Gerrit Cole et Justin Verlander, voici trois noms à surveiller d’ici la fin du parcours.

Or, la question qui repousse le frappeur telle une bonne vielle balle rapide à la Pedro Martinez dans le matricule, est la suivante : les Astros sont-ils assez bien équipés afin de devenir les premiers doubles vainqueurs consécutifs de la Série mondiale du 21e siècle? On va se le dire, rien ne permet d’en douter; pour le moment, du moins.

Rappelez-vous, seuls les Yankees de 2001, eux qui avaient conclu le 20e siècle avec trois triomphes consécutifs dans le caisson, ainsi que les Phillies de Philadelphie, Champions de l’année 2009, sont parvenus à réapparaître à la Classique d’automne la saison suivante. Cependant, aucun des deux n’a prévalu jusqu’à l’Ultime. Les Yankees ont perdu – bien tristement, étant donné les horreurs du 11 septembre entourant l’enjeu – dans une série dramatique de sept matchs contre les Diamondbacks de l’Arizona. Les Phillies, eux, se sont inclinés en six matchs face aux dits Yankees.

Le championnat salvateur des Cubs – 107 ans de préparation; ça en fait du plan quinquennal – de la saison 2016 fut ensuite accompagné d’un solide lendemain de veille. Un retour à la réalité que les Astros n’ont pas eu à vivre – aucun psychologue sportif ne fut nécessaire – après leur premier titre de concession en 56 ans. Chicago, lui, n’affichait qu’un maigre 53-47 après 100 matchs, mais les joueurs en avaient ensuite fait juste assez afin d’atteindre la série du NLCS, pour finalement plier l’échine en cinq matchs contre les Dodgers, eux qui, évidemment, avaient de facto rendu l’âme en sept parties contre les Astros.

Bref, au baseball à notre époque : ne remporte pas deux Championnats consécutifs qui veut. N’empêche, chez les parieurs, les Astros sont bel et bien favoris afin de répéter l’exploit et de rafler les prochaines Séries Mondiales. Sans blague, selon OddsSharks, les Astros seront les prochains champions par une marge de +410 (41-10), alors que les Dodgers représentent le choix logique dans la Nationale avec un gain potentiel de +850 (17-2). Au niveau des cotes chez les prochains gagnants des Séries Mondiales, les Red Sox de Boston (+465) et les Yankees (+535) sont devants les Dodgers. Les Astros possèdent le troisième meilleur dossier de la Ligue Américaine et des Ligues Majeurs du Baseball, derrière les Red Sox et les Yankees.

Cela dit, le club Orangé est sans aucun doute le mieux balancé du baseball, avec un bataillon de frappeurs composé de Jose Altuve, Alex Bregman et George Springer, ainsi qu’une rotation de lanceurs menée par Justin Verlander, Charlie Morton, Gerrit Cole, Dallas Keuchel et Roberto Osuna. De quoi rendre le teint des gérants adverses aussi vert que la muraille du Fenway Park.

Au final, si les cotes émises par les parieurs tiennent le coup, les Astros pourront soulever le Saint-Graal à nouveau et deviendront ainsi la première équipe à répéter un tel scénario walt-disnesque depuis que les Yankees de New York avaient conquis les Séries Mondiales de 1998, 1999 et 2000. Du gros stock, vous en conviendriez. Oh oh, seriez-vous prêts à jouer votre dernière O’keefe tablette là-dessus? Chose certaine, n’allez pas titiller Pete Rose avec ça, vous-là.

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