La vérité n’est pas toujours bonne à entendre / Johnatan Paré

Le torchon brûle actuellement dans le camp de l’Impact de Montréal et rien n’est rassurant pour la suite des choses. Selon mon point de vue, ce sont les joueurs qui ont créé cette bisbille. De dire que l’entraîneur-chef Rémi Garde a trop parlé c’est une chose, mais ne pas montrer de passion, se foutre de ses performances en est une autre.

Joey Saputo et Rémi Garde

Commençons par ce que l’entraîneur-chef a mentionné après le match contre le LAFC lors du retour de Laurent Ciman dans la métropole. Après tout, c’est là que la débandade a commencé. On se rappelle qu’il avait pointé du doigt l’inefficacité de sa troupe à tenir une avance et la performance de certains joueurs. Depuis ce temps, rien ne va plus autant pour l’attaque que la défense. On n’est pas capable de marquer des buts, mais je crois que c’est simplement un manque flagrant de talent. Joey Saputo avait raison de faire sa sortie fracassante dans les médias après le match contre Philadelphie. C’est inconcevable que des joueurs professionnels n’aient pas de passion à exercer leur métier. On sent un désintéressement et c’est très pénible. Il est normal que le patron de l’équipe tente de brasser les cartes avec des déclarations incendiaires. Il tente de secouer certains joueurs et en réveiller d’autres. Malheureusement, certains joueurs ne semblent pas comprendre qu’ils sont payés pour jouer et qu’ils doivent performer. Ce n’est pas nouveau que dans le sport le mot d’ordre est la victoire. Mais il est évident que ce n’est pas facile sauf que seul le travail doit primer.

Rémi Garde, entraîneur-chef

Les joueurs doivent arrêter de se sentir « en danger » suite aux commentaires de Saputo. Il faudrait les prendre en pitié parce que le patron a été dur envers eux? Jamais de la vie. Peu importe le domaine, le sport plus spécialement, il faut se présenter au travail chaque jour dans l’idée de se surpasser pour justifier recevoir une paie de l’entreprise pour laquelle on travail. Les athlètes professionnels sont des exceptions puisqu’ils gagnent des salaires faramineux. Ils se doivent de montrer l’exemple, d’être des modèles à suivre. Actuellement chez l’Impact, ce n’est pas ce qui se passe et c’est très embarrassant. Plusieurs personnes critiquent Rémi Garde de dire trop la vérité en entrevue, mais j’aime mieux un entraîneur qui met cartes sur table et qui est transparent qu’un entraîneur qui est « politiquement correct » et qui a peur de froissé ses joueurs. Si on regarde avec attention la mentalité du soccer en Europe, on voit la différence avec ici. Les entraîneurs et les joueurs européens qui joignent la MLS amènent une culture de compétition à la ligue. Parlez-en à Atlanta FC qui a engagé Tata Martino lors de son entrée en MLS au début de la dernière saison. Il a déjà entraîné le FC Barcelone et à la réputation d’être un entraîneur dur. La différence est qu’en Europe, peu importe le championnat que ce soit la première ou la troisième division, les joueurs s’y présentent pour compétitionner et gagner. Ce n’est pas le cas pour l’Impact actuellement. Garde veut amener cette mentalité, mais les joueurs ne semblent pas prêts à s’y conformer. Pourtant, il a eu du succès en entraînant des clubs comme Lyon en France et sa recette fonctionne bien. J’ai parlé à quelques personnes originaires de la France qui le connaisse bien et personne ne m’a dit un mauvais mot sur le coach français.

On semble avoir la mémoire courte, car on disait que le camp d’entraînement avait été le meilleur de la petite histoire de l’Impact tant sur le plan de la préparation physique que mentale, le coaching staff avait mené de mains de maître ce moment d’avant saison. Et ce malgré un effectif très, mais très limité.

Il y a eu ensuite l’épisode des blessures. Ensuite l’épisode des cartons rouges.

Problème de recrutement

Nick De Santis

Ce n’est pas juste un problème qu’on voit chez le Canadien. Le recrutement chez l’Impact fait défaut aussi. L’équipe n’a pas été très active dans les trois derniers mercatos et ça fait mal au club actuellement. Il faut se rappeler que Garde hérite de joueurs qui ont joués sous Frank Klopas et Mauro Biello. Il y a eu tellement de blessures également. On sait que les équipes ne veulent pas faire de transfert durant l’hiver, car les joueurs sont normalement encore sous contrat avec les équipes et que partir en milieu de saison n’est jamais facile comme transition. Donc, Garde ne peut compter que sur le mercato estival pour tenter de modeler le genre de formation qu’il veut. D’abord parce que beaucoup de joueurs n’ont plus de contrat et que les joueurs sont au sommet de leur forme après avoir passé une saison entière avec leur équipe. La patience est de mise actuellement. Je suis confiant qu’on fera un gros ménage cet été et il le faut. Beaucoup de joueurs de l’Impact actuellement font un gros salaire et qui ne donnent pas le rendement attendu. On parle en effet de Matteo Mancosu avec son salaire de 800 000 $, qu’on avait été chercher pour seconder Drogba et qui n’a jamais répondu présent. Ou, plus récemment, Alejandro Silva pour une somme de 850 000 $ par saison qui n’a rien cassé à ses dix premiers matchs. Le problème de recrutement est probablement plus grave qu’on pense.

Où est Adam Braz?

Adam Braz, directeur technique

Quand on parle de recrutement, il faut obligatoirement mettre les noms de Nick De Santis et Adam Braz dans l’équation. Mais où se trouve ce dernier actuellement? Je me serais attendu que Braz, en tant que directeur technique, prenne la parole et donne l’heure juste. Ah oui, c’est Joey Saputo qui mène me direz-vous. Alors, à quoi bon avoir un directeur technique si celui-ci ne peut pas parler? Semble-t-il qu’il serait en train de préparer les nombreux changements promis par la direction ? À suivre… Pour ce qui est de Nick De Santis qui est vice-président relations internationales & développement technique, l’heure est peut-être venue pour lui de céder sa place. Il a tout fait au sein de l’Impact je me demande même s’il n’a pas déjà vécu au Stade Saputo. Lors des déboires récents des Alouettes de Montréal, il en était convenu que Jim Popp avait fait le tour du jardin après un parcours de plus de 20 ans. Est-ce la solution à envisager pour De Santis aussi? Il faut quand même être honnête. Il a joué un rôle majeur dans la signature des Joueurs désignés de l’Impact, soit Marco Di Vaio, Hernán Bernardello, Ignacio Piatti, Didier Drogba, Blerim Dzemaili et Saphir Taïder. Pour les joueurs d’impacts, il n’y a pas de problème. Mais pour ceux de soutien comme Chris Duvall, Ken Krolicki, Louis Béland-Goyette, Shamit Shome, Matteo Mancosu, pour ne nommer que ceux-là, il faut faire une remise en question majeure. De la stabilité dans le noyau c’est bien. Mais trop c’est pas assez. Et ça expose les faiblesses de l’équipe assez rapidement.

Il reste un mois pour tenter de sauver les meubles. Prendre quelques points au classement ne ferait pas de tort.

Comme dirait l’expression que j’aime, utiliser dans le monde du sport : un joueur ne peut pas donner ce qu’il n’a pas.

Publié
3 mois
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ChroniquesMLS
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